Normandie Rail Services : L'opérateur de proximité havrais
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Normandie Rail Services : L'opérateur de proximité havrais

ferroviaire Annoncé de longue date, l'opérateur ferroviaire de proximité Normandie Rail Services est opérationnel depuis octobre.

Aussi bien du côté du Grand Port Maritime que des acteurs de la place portuaire havraise, on l'attendait avec une certaine impatience. Le premier Opérateur Ferroviaire de Proximité (OFP) intitulé Normandie Rail Services (NRS) a réalisé ses premiers tours de roues en octobre sur le réseau ferroviaire portuaire duHavre. «Après les flux ferroviaires de Naviland Cargo qui lui ont été transférés au mois d'août, ce sont les activités de desserte portuaires de Fret SNCF qui sont désormais opérées par ce nouvel acteur ferroviaire», précise SNCF Geodis, le groupe détenteur majoritaire de Normandie Rail Services.




Véritable OFP ou simple réorganisation?

NRS emploie déjà une centaine de personnes travaillant dans le cadre de la Convention collective ferroviaire, celle appliquée par les opérateurs privés. Véritable OFP ou simple fruit d'une réorganisation interne à la SNCF? La nouvelle entité, dirigée par Daniel Le Berre est, certes, présentée comme une «mutualisation des savoir-faire» des deux opérateurs historiques. Mais plus largement, Normandie Rail Services a pour «vocation de gérer les dessertes portuaires sur le port duHavre et à Notre-Dame de Gravenchon en sous-traitance des opérateurs ferroviaires qui organisent l'acheminement d'ensemble des marchandises pour leurs clients chargeurs et armateurs et continueront à assurer les trajets hors périmètre portuaire». L'entreprise dispose de quatre locomotives électriques et de cinq engins de manoeuvre. Ce qui lui permet de traiter quotidiennement une vingtaine de trains. Normandie Rail Service s'inscrit dans la perspective du grand Terminal multimodal (maritime, ferroviaire et fluvial) auquel le conseil de surveillance du GPM duHavre a donné son feu vert en juillet dernier. Cette infrastructure devrait s'inscrire en 2014 sur 110ha situés en bordure du Grand canal maritime dans la zone industrialo-portuaire. Concrétisant alors un investissement de 139,4M€ financé par des sources publiques et privées, elle offrira une capacité initiale de traitement de 200.000 unités de transport intermodal (UTI). Le GPM duHavre souhaite en effet «développer la part de transport des conteneurs et caisses mobiles, à destination ou en provenance de son hinterland, utilisant des modes alternatifs à la route». L'intention est claire. Mais sur le terrain, les faits ont du mal à suivre les bonnes intentions.




Le Havre encore loin des ports du Nord

Dans les grands ports d'Europe du Nord concurrents duHavre, la part modale cumulée du rail et du fleuve se situe en moyenne autour de 40%. Dans l'établissement normand, les plus récentes statistiques montrent qu'on en est très loin de ce taux. Ainsi, pour le seul trafic conteneurisé «hinterland», c'est-à-dire hors transbordements maritimes, le marché des modes alternatifs terrestres ne dépasse pas 20% sur les huit premiers mois de 2011. La voie d'eau poursuit sa croissance avec 143.000 Evp acheminés (+13%), mais le ferroviaire continue de s'effondrer à 77.000 EVP (- 7%) «du fait des travaux de modernisation engagés sur l'ensemble du réseau national». En revanche, on ne dispose pas encore des chiffres relatifs au fret ferroviaire conventionnel (charbons, produits pétroliers, automobiles) généré par les trafics du GPM duHavre sur cette période. En 2010 comme en 2009, leur masse apparaissait stable autour de 3,4millions de tonnes au rythme d'une trentaine de trains par jour.

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