Normandie : Les maires des grandes villes veulent plus de collaboration

Normandie : Les maires des grandes villes veulent plus de collaboration

Les maires de Caen, du Havre et de Rouen étaient réunis jeudi 8 octobre au Club de la presse et de la communication de Haute-Normandie (Rouen) pour évoquer la réunification normande et leur volonté de jouer la complémentarité.

Joël Bruneau (maire de Caen Les Républicains), Edouard Philippe (maire du Havre Les Républicains) et Yvon Robert (maire de Rouen Parti socialiste) s'étaient donné rendez-vous jeudi 8 octobre au club de la presse et de la communication de Haute-Normandie à Rouen pour échanger sur la fusion des Normandies au 1er janvier 2016. Si en matière de capitale, les tensions semblent s'être apaisées avec la reconnaissance de Rouen en ville phare de la nouvelle région: "Que le territoire le plus important numériquement soit choisi n'est pas absurde", avance Edouard Philippe, la répartition des compétences pose cependant d'autres débats, selon l'élu havrais: "Je ne comprends pas la logique de répartition du Préfet préfigurateur.Il n'y a pas d'éléments de débat public qui permettent d'avoir un avis sur ses décisions. Ca me gène qu'on ne m'explique pas la raison des choix qui sont fait. Pourquoi telle structure irait à Caen plutôt qu'au Havre ?".

Travailler ensemble

L'une des difficultés de la future grande Normandie, c'est de ne pas disposer d'une agglomération de rayonnement européen, à l'image de Lille ou Bordeaux. Pour exister, la Normandie devra s'appuyer sur ses complémentarités, explique Joël Bruneau: " Elle devra s'appuyer sur la coopération de ses trois grandes agglomérations que sont Caen, Le Havre et Rouen. Il faudra une capacité à mettre en réseau les richesses des territoires, à l'image de ce qui se fait avec la French Tech". Un point d'accord avec le maire socialiste de Rouen Yvon Robert: "Un groupe des élus des trois agglomérations devra se rencontrer régulièrement", qui souhaite cependant que chaque territoire garde ses spécificités: "Il faudra continuer à développer telle ou telle discipline dans la ville ou elle existe déjà. Toutes les disciplines médicales ne devront pas se retrouver dans une seule ville par exemple". Cependant, des politiques communes sont souhaités, à l'instar de celle développée pour les écoles d'Art entre Le Havre et Rouen. "Cela fonctionne mieux, objectivement, et permet d'envisager des projets à une plus grande échelle", explique Edouard Philippe. Si les hôpitaux du Havre et de Rouen travaillent déjà aussi ensemble, l'édile havrais souhaite aller plus loin en matière de coopération: "On peut aussi réaliser des achats ensemble. Si on achète à trois, on achète moins cher. Les intérêts métropolitains peuvent se recouper". Enfin, en matière de moyens, la mutualisation ne semble pas devoir produire des effets mirifiques estime Joël Bruneau: "Les moyens de la Région, demain, ne seront que l'addition de deux budgets. Il n'y aura pas de manne à attendre. Les choses intelligentes se feront en mutualisant".

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