Le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a confirmé vendredi 18 février 2016 l'engagement du Gouvernement d'assurer le renouvellement des rames des trains régionaux tel qu'évoqué dans le rapport de la commission présidée par Philippe Duron (PS).
Plus de deux milliards d'euros programmés
Pour la Normandie, les lignes Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen-Cherbourg sont au menu, Alain Vidalies confirmant spécifiquement le renouvellement total du matériel roulant sur la seconde à l'horizon 2025. Au total, le gouvernement annonce débloquer une enveloppe de 1,5 milliard d'euros auxquels s'ajoutent 510 M€ "pour des acquisitions en cours" concernant 34 rames, ainsi qu'un nouveau marché à venir pour 30 autres rames destinées à être déployées à partir de 2018.
Quand Hervé Morin fustige "l'immobilisme" de ses prédécesseurs
L'annonce ministérielle avait été devancée en début de matinée par un communiqué du président de la région Normandie Hervé Morin (UDI), se félicitant d'avoir "obtenu de l'Etat cet engagement pour les Normands", fustigeant au passage "l'immobilisme des précédents exécutifs régionaux normands ces dix dernières années".
Pour le PS, juste une confirmation d'une décision déjà annoncée...en juillet 2015
Annonce depuis commentée par l'opposition régionale, emmenée par l'ancien président de la région Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol (PS), qui explique que la décision du renouvellement des rames ne doit rien à l'action de son successeur, celle-ci ayant été annoncée dès le 7 juillet dernier.
"Un mauvais signal pour la LNPN"
"Ce qui est neuf c'est le matériel roulant, pas la communication politique qui consiste à reprendre une décision ancienne et à s'en attribuer le mérite!", commente l'élu qui s'inquiète dans le même temps de la volonté affiché par Hervé Morin d'assurer la gouvernance des trains régionaux. Car, estime-t-il, une telle proposition, au-delà du coût pour la collectivité, serait "un mauvais signal pour le projet d'intérêt national qu'est aujourd'hui la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN)".
Hervé Morin veut aller vite
Proposition de campagne du candidat Hervé Morin, le choix d'assumer par la collectivité régionale la gouvernance des trains régionaux serait, explique le président de région, "une contrepartie" à la décision du gouvernement d'investir dans de nouvelles rames. Il souhaite, dit-il, conclure un accord financier entre l'Etat et la région sur le sujet "avant le 31 mars prochain".
L'opposition régionale conteste la "régionalisation" des lignes
Un choix que conteste Nicolas Mayer-Rossignol qui s'étonne que la Normandie souhaite assumer la gouvernance d'une ligne, s'agissant de Paris-Rouen-Le Havre, largement empruntée par les franciliens. "Si on régionalise, le minimum c'est de prévoir une clé de répartition entre les régions concernées", explique-t-il, "à l'image de ce que nous avons fait sur la ligne Rouen-Lille".
Du côté du ministère, on promet des accords avec les régions "au plus tard le 1er juillet 2016".