Soit un pourcentage de 71 % des femmes de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui occupent un emploi. « Le taux d'emploi des hommes est de 13 points supérieur pour cette classe d'âge la plus active, car la moins concernée par l'allongement de la durée des études et les dispositifs de cessation d'activité anticipée », fait savoir l’Insee dans une analyse datée de mars 2016 nommée « Des progrès en matière d’égalité professionnelle depuis1990 ». On y apprend notamment que depuis 1990, cet écart entre femmes et hommes s'est réduit de 18 points dans la région, à l'instar de ce qui s'observe en France métropolitaine.
Champions du plus faible taux d’activité chez les femmes
Pour la tranche d’âge de 25-54 ans, plusieurs arrondissements de la région étendue à la Picardie connaissent les plus faibles taux d’activité féminins : Lens (72,2%) Valenciennes (75,2%), Avesnes-sur-Helpe (75,3%), Vervins dans l’Aisne (75,6%), Calais (76,2%), Béthune (77,3%), Douai (78,4%), Saint-Omer (79,0%).
Présentant pour la première fois les résultats d’une enquête sur l’emploi du temps et les déplacements domicile-travail selon le genre, l’Insee confirme – preuve chiffrée à l’appui – que les femmes consacrent plus de temps que les hommes aux tâches domestiques aux dépens de leur travail et de leur temps libre et qu'elles se déplacent moins que leurs homologues masculins pour travailler. « Depuis 1990, les inégalités entre femmes et hommes sur le marché de l'emploi diminuent dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie comme en France métropolitaine. La région conserve néanmoins du retard par rapport à la France métropolitaine. Notamment, les écarts entre femmes et hommes des taux d'emploi, d'activité et de travail à temps complet restent plus importants dans la région. Des particularités locales subsistent, en particulier dans le Pas-de-Calais où les inégalités sont les plus fortes et où le contexte économique difficile laisse peu de marge de manœuvre pour les réduire. Des leviers peuvent néanmoins être mobilisés à l'échelle régionale : même si son effet protecteur diminue, le diplôme constitue toujours un rempart efficace contre le chômage. Chez les femmes, le niveau de diplôme a un impact plus important que chez les hommes en termes d'engagement sur le marché de l'emploi et de résistance face au chômage », fait savoir Marylise Michel, co-auteure de cette étude interrogeant la parité des genres.
Inégalités criantes entre les femmes et les hommes
« Les inégalités entre les femmes et les hommes existent dans tous les domaines : plus faible insertion des femmes sur le marché de l'emploi, salaire inférieur de 20 % à celui des hommes, près de deux fois plus de temps consacré au travail domestique pour les femmes, moins de femmes dans les emplois qualifiés, surmortalité des hommes avant 65 ans, etc. Ces inégalités apparaissent encore plus prégnantes dans la région Nord-Pas-De Calais qu'au niveau national », complète l’Insee.