L’acteur des télécoms Nokia, implanté à Lannion, a annoncé un nouveau plan stratégique basé sur le développement de son activité liée à l’IA, qui prévoit des suppressions d’emplois, dont 84 sur son site de Lannion (Côtes-d’Armor) et 427 au total en France sur un total de 2 300 collaborateurs. Ces départs seront effectifs au mois de juin 2026.
Des effectifs divisés par 7 en 20 ans
Ces nouvelles pertes s’ajoutent aux 7 plans sociaux qui ont réduit les effectifs du site costarmoricain à moins de 350 salariés. Soit sept fois moins qu’il y a 20 ans, avant que Nokia rachète cette implantation d’Alcatel-Lucent en 2015. Les suppressions d’emplois seront réalisées dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective.
Le député Eric Bothorel (apparenté au groupe Ensemble pour la République) a été le premier à réagir. Il annonce avoir saisi le ministre de l’économie "afin qu’un bilan sérieux soit dressé des financements publics accordés à Nokia, notamment ceux destinés à consolider des activités nouvelles à Lannion, en particulier dans le domaine de la cybersécurité". En novembre 2021, Nokia avait lancé à Lannion son "Centre d’excellence en cybersécurité".
"Des engagements qui ne sont pas tenus"
Dans un communiqué commun, le député, le président de Région, Loïg Chesnais-Girard et Erven Léon, vice-président à l’économie et l’emploi de Lannion Trégor Communauté, fustigent le manque de communication entre Nokia et les élus locaux.
"Cette annonce tombe sans le moindre échange préalable avec les élus locaux, alors même que des engagements avaient été pris sur le maintien, et même l’augmentation, de l’emploi en France. Ces engagements ne sont donc pas tenus. Or, quand une parole est donnée, elle doit compter !, s’indignent les élus. Aujourd’hui, ce principe est abîmé. Et c’est d’autant plus difficile à entendre que Nokia a bénéficié ces dernières années d’importants soutiens publics pour ses activités de R & D et pour conforter une filière télécoms essentielle sur notre territoire."
"Pas des chiffres à corriger sur un tableur"
Les trois hommes demandent "à la direction nationale de Nokia de revoir ce plan et de mettre fin à cette logique de réduction continue qui menace la viabilité du site". "Nous demandons également à être reçus rapidement car nous avons besoin d’éclaircissements et d’engagements clairs sur les projets à venir", ajoutent-ils.
Avant de conclure : "Un site comme Lannion ne se traite pas de cette manière. Il a grandement participé à l’innovation française, formé des générations d’ingénieurs et contribué à notre souveraineté numérique. Les emplois, ici, ne sont pas des chiffres à corriger sur un tableur. Ce sont des compétences, une histoire industrielle et des équipes particulièrement investies."