Dès le printemps, et pour un an, Nice sera la capitale expérimentale des technologies Near Field Communication (NFC), ou communication en champ proche. Un procédé qui permet de déclencher une action en approchant un téléphone d'un lecteur : payer le bus, accèder à des informations ... Le projet suit quatre orientations. Trois pilotées par Nice Côte d'Azur: la billetique transports et l'information culturelle, au Musée d'art contemporain et dans le Vieux Nice. L'Université Nice Sophia Antipolis travaille elle au projet Nice Future Campus. Une opportunité pour les entreprises locales mais problème de communication : le champ n'est apparemment pas assez proche entre Nice et ses entreprises.
La place aux géants
«Je sais qu'il y a un projet, mais je ne sais pas ce qu'il y a à l'intérieur», avoue Antoine Perry, président de Telecom Valley. «Christian Tordo nous a dit qu'il était dommage que nous ne participions pas, mais personne ne nous a présenté le projet !» Résultat, les entreprises azuréennes investies sont rares. Hormis Ask, basé sur la technolopole, les principaux partenaires sont des géants: opérateurs mobiles, Veolia Transport ... Quant aux PME, si quelques une ont des filiales dans le département, elles sont parisiennes, aixoise, ... Comme GFI, entreprise parisienne qui compte, parmi ses 40 agences, un labo à Sophia. «Participer à ce projet était une opportunité unique que nous ne pouvions pas rater», observe le dirigeant local, Fabrice Pakin. «Nous accompagnons Nice car nous croyons en l'innovation partagée». Les élus encouragent ce mouvement. «Je souhaite que les cadres des entreprises ayant des agences dans le département soient les messagers auprès de leurs directions nationales pour créer une dynamique», note Christian Tordo, élu à la ville de Nice. Georges Falessi, directeur du Pôle régional d'innovation et de développement économique solidaire (Prides) Solutions communicantes sécurisées se réjouit, lui, que des entreprises basées dans les Bouches du Rhône soient impliquées.
Appels à projet nationaux
L'absence des entreprises locales est-elle la conséquence d'un manque de compétences ? «Non, c'est plus lié au fait que les procédures pour répondre aux appels à projet soient lourdes», estime Florence Barale, conseiller communautaire de Nice Côte d'Azur. Des appels à projet pour l'Innovation dans les processus d'entreprises par la RFID (IPER), pilotés par le ministère de l'Industrie, d'où le fait que les entreprises locales ne soient pas favorisées. Les appels à projet donnent droit à des aides du ministère. En revanche, pas de subventions au niveau local. La ville s'offre comme terrain d'accueil et d'expérimentation, mais les privés financent leurs investissements.
Effet d'entraînement
Florence Barale avoue cependant que «plus il y aura d'entreprises locales, plus nous serons satisfaits. En effet, l'un des objectifs reste de contribuer au développement des entreprises et de favoriser l'innovation». Les entrepreneurs sont donc invités à proposer des projets élargissant le bouquet de services sans contact offerts aux Niçois. Les entreprises devraient suivre le mouvement, Laurent Londeix, directeur régional d'Orange en est convaincu. «La NFC est une technologie relativement récente donc les PME ne s'y risquent pas encore mais si les gros acteurs démarrent, des start-ups vont vouloir créer des services mobile», anticipe-t-il.
Nice est la ville pilote du ?sans contact mobile?. Une aubaine pour les sociétés locales, start-ups de la technopole en première ligne ? Pas forcément, puisque les purs produits sophipolitains impliqués sont rares. La plupart des partenaires ont des antennes dans le département, certes, mais pas leurs sièges. La municipalité dit accueillir les start-ups locales à bras ouverts mais manifestement, la communication ne passe pas. Un comble pour la capitale de la communication en champ proche.
Lucie Lautrédou