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Netri inaugure sa première usine "d’organes sur puce" pour la recherche médicale et lève 5 millions d’euros
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Netri inaugure sa première usine "d’organes sur puce" pour la recherche médicale et lève 5 millions d’euros

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Grâce à son nouvel outil industriel, Netri entend imposer ses "organes sur puce" comme un maillon clé de la filière française du biomédicament. Son innovation incluse dans des plaques de silicone high tech permet de reproduire les influx nerveux d’un organe lorsqu’il est mis au contact d’un composé. Et de tester les effets de candidats médicaments ou de pesticides, sur le corps humain.

Thibault Honegger, PDG et cofondateur de Netri et Florian Larramendy, cofondateur et directeur technique — Photo : Netri

Incubée par le cluster santé Lyonbiopole, la deeptech Netri (35 salariés), spécialiste des "organes sur puce" pour la recherche préclinique de médicaments, se dote de sa première usine à Gerland.

L’entreprise a inauguré le 4 février son nouvel outil de production sur 1 100 m2, "fruit d’un investissement de 20 millions d’euros, dont 6,4 millions d’euros de France 2030", déclare Thibault Honegger, PDG et cofondateur de la biotech créée en 2018.

20 millions d’euros d’investissement

Issus de 10 années de travaux de R & D au CNRS et au CEA à Grenoble, menés par son président, les organes sur puces de Netri combinent des cellules souches et des puces microélectroniques déposées sur des supports en silicone, qui reproduisent les influx nerveux d’un organe lorsqu’il est mis au contact d’une molécule. Une technologie protégée par seize familles de brevets. Au passage, la biotech a réussi la prouesse de faire collaborer entre eux des plasturgistes (pour le silicone), des spécialistes de la microélectronique et des biologistes !

Accélérer le développement de médicaments

À ce jour, la jeune pousse produit une centaine de dispositifs par semaine. le chiffre devrait passer à 1 000 avant la fin de l’année. "Mais il faudra dépasser les 100 000 exemplaires mensuels pour satisfaire la demande de nos clients", ajoute Thibault Honegger, qui compte investir un million d’euros pour automatiser l’assemblage des plaques, encore semi-manuel.

Les laboratoires se pressent au portillon car ils savent que grâce à l’innovation de Netri, ils peuvent gagner du temps et de l’argent en évitant de développer des molécules qui ne passeront pas les phases d’études cliniques. Le taux d’échec étant de 90 % pour un candidat médicament. Sans oublier que les organes sur puce de Netri permettent de réduire le recours à l’expérimentation animale.

Trouver sa place dans un marché mondial

Destinée à s’internationaliser "pour garder une longueur d’avance", selon les termes de Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France2030, Netri cible le colossal marché de la douleur, estimé à 90 milliards de dollars dans le monde : douleurs vaccinales ou causées par les chimiothérapies. S’y ajoutent les marchés de la dermato-cosmétique et la neurotoxicologie. Netri devrait par ailleurs bientôt signer un partenariat avec l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), pour mesurer l’impact des pesticides sur le corps humain.

Objectif de rentabilité en 2025

Afin de soutenir cette phase industrielle, Netri vient de lever 5 millions d’euros auprès de ses investisseurs historiques (dont Polygone SA, maison mère de GL Events d’Olivier Ginon et des business angels), de nouveaux investisseurs privés comme les fonds Cléry et Trevise participations de la Fondation Trévise, et de ses partenaires bancaires.
Netri a déjà engrangé 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires depuis sa création. Et nourrit de belles ambitions. "Je souhaite que nous réalisions 200 % de croissance d’ici à 18 mois et que nous soyons rentables dès fin 2025", annonce le cofondateur, qui vise le cap des 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2035. De quoi encourager ses investisseurs qui devraient remettre au pot une 2e fois au cours de l’année…

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