Le prélèvement d'eau pour fabriquer de la neige de culture représente en Isère moins de 1% de la ressource en eau prélevée pour l'eau potable. Pourtant, ce prélèvement d'altitude peut avoir un fort impact en aval sur les consommations en eau potable, hydroélectricité, agriculture, activités nautiques,etc.
La Commission de locale de l'eau (Cle) du Drac et de la Romanche s'est donc emparée du dossier. «Tout est parti d'une question posée par une station de l'Oisans, révèle Charles Galvin, président de la Cle et vice-président du Conseil général de l'Isère. Nous avions du mal à répondre à son interrogation sur la création d'une retenue d'altitude pour produire de la neige de culture. Il fallait mener une étude, qui était très coûteuse pour une commune. Nous avons donc décidé d'en faire une pour l'ensemble des communes. L'enjeu est bien de faire travailler les stations, qui représentent de l'emploi, mais dans le respect de l'utilisation des ressources en eau et de l'environnement.»
Quelque 180 M€ et deux ans plus tard, l'étude permet de donner des recommandations de bonnes pratiques sur l'utilisation de l'eau en altitude. Le document détaille, pour chaque massif et chaque station isérois, les prélèvements actuels et futurs destinés à la neige de culture. Les enjeux économiques ont été analysés pour chaque domaine skiable (investissements, équipement en neige de culture, CA par saison, lits touristiques, fréquentation, emplois, retombées économiques,etc.). Différents enjeux ont été pris en compte: effets de la retenue sur les milieux naturels, autres besoins en eau, avec primauté à l'eau potable, surveillance des ouvrages en cas de problèmes, réduction des impacts, notamment paysagers,etc.
Ce document, sans portée juridique, devrait permettre «d'anticiper les tensions de manière intelligente», selon Christian Pichoud, vice-président du Conseil général, toute décision finale étant prise par le préfet.
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