«Ne rentrons pas dans le jeu médiatico-politique anxiogène»
# Conjoncture

«Ne rentrons pas dans le jeu médiatico-politique anxiogène»

Philippe Gueydon, président du Medef Isère, refuse que les entreprises se laissent emporter par la morosité ambiante.

C
omment se termine l'année 2012 pour les entreprises iséroises? Il est clair que les entreprises ont débuté 2012 de manière globalement optimiste, puis sont rentrées dans le dur. Il y a une augmentation de près de 6% des défaillances d'entreprises, c'est beaucoup. Mais il y a des situations contrastées, avec encore des entreprises qui se portent bien. Si le bâtiment semble un des secteurs les plus touchés, les industries qui exportent sont moins affectées par la morosité économique. Les carnets de commande se tassent encore, avec peu de perspectives de remontée en 2013. Mais c'est surtout l'environnement médiatico-politique anxiogène qui crispe les chefs d'entreprise.


Qu'entendez-vous par là?

On demande beaucoup aux chefs d'entreprise sur la fiscalité tant personnelle que professionnelle, alors trop, c'est trop. Nous sommes prêts à faire des efforts mais il faut que ce soit réparti, que l'État en fasse aussi. Heureusement, l'avantage avec le gouvernement actuel, c'est qu'il n'y a pas de sujet tabou.


Vous approuvez alors certaines des mesures annoncées?

Il y a de bonnes bases et il faut saluer le travail fait par un gouvernement de gauche. Mais pour s'en sortir, il convient de travailler sur différentes pistes. Le rapport Gallois est une étape importante et les premiers échos venant du gouvernement sont favorables.


Quelles pistes de travail sollicitez-vous?

Je relève deux sujets majeurs dans le rapport Gallois. Premièrement, il faut alléger le coût du travail car c'est ça avant tout qui relancera la compétitivité de l'industrie. Mais il faut que ça passe aussi par une fiscalité plus juste, c'est-à-dire avec un taux bas pour un maximum de personnes. Un impôt confiscatoire mène forcément à des échappatoires légales... Deuxièmement, il faut travailler sur la flexibilité. Il existe des solutions pour revoir le droit du travail en amenant d'autres garanties aux salariés. Par exemple, arrêtons les CDD à l'embauche et mettons en place les CDI dès le départ, ou encore améliorons la sortie du salarié de l'entreprise par des indemnités plus favorables. Mais laissons les entreprises licencier quand elles en ont besoin, sinon elles sont pénalisées. La loi empile actuellement trop de couches contraignantes pour l'employeur sans pour autant être protectrice du salarié.


Restez-vous optimiste pour 2013?

L'économie, c'est beaucoup la confiance. L'aspect tangible, c'est le chiffre, l'aspect subjectif, c'est l'état d'esprit. Alors oui, la période est compliquée, oui la posture fiscale du gouvernement est dommageable, mais le rapport Gallois donne des idées...

# Conjoncture