Nantes Saint-Nazaire : Le trafic du port de nouveau en baisse

Nantes Saint-Nazaire : Le trafic du port de nouveau en baisse

L’activité du port de Nantes Saint-Nazaire chute de 4,4% en 2015.

Nouvelle baisse de régime pour le port de Nantes Saint-Nazaire. En 2015, 25 millions de tonnes de marchandises ont transité sur les docks ligériens. C’est 4,4% de moins qu’en 2015. C’est surtout 19% de moins qu’en 2010. A l’époque, le trafic du quatrième port français dépassait les 31 millions de tonnes. Aujourd’hui, le port perd plusieurs millions d’euros par an (cinq millions d’euros de pertes en 2014), son seuil de rentabilité étant évalué aux alentours de 30 millions de tonnes annuelles.




Débandade énergétique

La chute des trafics énergétiques, qui concentrent 62% des volumes du port, explique en grande partie le déclin de la plate-forme ligérienne. En 2015, les trafics énergétiques sont en retrait de 8%. Le charbon s’écroule (-33% en 2015) du fait des travaux de modernisation de la centrale thermique EDF de Cordemais. Les flux de pétrole brut (-11%) sont, eux, pénalisés par huit semaines de travaux réalisés au sein de la raffinerie Total de Donges. La chute de 14% des volumes de gaz s’explique, elle, par la concurrence des pays asiatiques. Pour améliorer la performance du terminal méthanier de Montoir, Elengy a engagé des investissements, visant notamment à optimiser les opérations de transbordement.




Le sable et le roulier s’effondrent

La bonne nouvelle, c’est que le trafic non énergétique progresse de 2%. Et ce malgré deux spectaculaires baisses. Pénalisé par la crise du marché du BTP, le trafic de sable de mer chute de 10%. L’arrêt, en septembre 2014, de la ligne reliant Montoir au port espagnol de Gijon, provoque de son côté un recul de 40% du trafic roulier.




L’agroalimentaire en forte hausse

Dans cette tempête, l’unique rayon de soleil émane de l’agroalimentaire. Principal trafic non énergétique du port avec 2 millions de tonnes, l’alimentation animale progresse de 15%. Cette hausse doit beaucoup aux importations de tourteaux de soja brésilien. Mais la palme de la plus spectaculaire progression 2015 revient au trafic de céréales (+29%), tiré par les exportations à destination de l’Algérie et de la Chine.




« Il faut une nouvelle stratégie »

Devant l’étiolement des trafics portuaires, plusieurs voies demandent du changement. C’est par exemple le cas de Bruno Retailleau. Pour le nouveau président du conseil régional des Pays de la Loire, « il faut une nouvelle stratégie », créer « un modèle beaucoup plus actif de port industriel » et instaurer une nouvelle gouvernance. Dans ce port d’État, le conseil régional n’a aujourd’hui qu’«un strapontin », estime Bruno Retailleau, qui prône une « gouvernance plus ouverte ». Pour lui, le conseil régional pourrait devenir actionnaire du port. « Je pense que l’État n’a plus les moyens d’avoir une vraie vision du port. En tout cas, seul ».