Quand ils comparent la performance économique de leurs hôtels à celles des établissements implantés dans les autres grandes villes françaises, les professionnels nantais font plutôt grise mine. «Ce n'est pas glorieux, c'est presque une claque», confie même Gilles Cibert, président du tout nouveau club hôtelier et gérant de l'hôtel La Pérouse.
Trop d'hôtels?
Selon les conclusions d'une étude de Deloitte réalisée en 2010, les hôtels nantais se situent en effet en queue de peloton en ce qui concerne les taux d'occupations, les prix pratiqués et le chiffre d'affaires réalisé par chambre. «Pour nos entreprises, cela constitue un véritable handicap car nous avons des charges similaires à celles de nos confrères des autres grandes villes françaises», explique Gilles Cibert. Malgré cela, et en dépit de la crise, la capacité d'accueil du parc hôtelier nantais a augmenté de plus de 20% depuis trois ans. Du coup, la profession se mobilise en réactivant le vieux club hôtelier autrefois abrité par l'office de tourisme. Dotée cette fois d'une personnalité morale, cette association regroupe, un mois à peine après son lancement, 40% des hôtels de l'agglomération. Signe de l'urgence de la situation, les résidences hôtelières, longtemps dénigrées par les hôteliers, peuvent adhérer au club! Ce qui a toutefois donné lieu à un «gros débat» entre hôteliers. «On a bien pris conscience que Nantes est une destination qui est concurrencée par d'autres villes. Il n'y a donc pas d'ostracisme de notre part. Le club réunit donc toute la capacité d'hébergement dont on dispose», explique Luc Archer, gérant de l'Hôtel de la gare.
Restreindre l'accès
Pour devenir plus performant sur le plan économique, les hôteliers nantais défendent deux idées. Il s'agit premièrement de maîtriser l'extension du parc de l'agglomération. «On a alerté Nantes Métropole sur ce sujet», indique Gilles Cibert. Celui-ci table sur la mise en place d'un schéma directeur hôtelier et de règles d'installation plus contraignantes. Il indique aussi que le club n'hésitera pas à déposer des recours à l'encontre des permis de construire de projets qu'il jugera «dépourvus d'étude de marché sérieuse». Deuxièmement, le club hôtelier tient à participer pleinement à la promotion de la destination Nantes en travaillant étroitement avec la Cité des congrès et avec Le Voyage à Nantes.
Hôtellerie Les hôteliers nantais se mobilisent pour ne plus figurer dans le peloton de queue de la profession en termes de performance économique.