Pendant quatre jours, l’île de Nantes a été le centre névralgique de la réflexion mondiale sur le design. L’École de design Nantes Atlantique, installée dans son nouveau campus emblématique au cœur de la ville, a accueilli Cumulus 2025 en réunissant 500 designers, chercheurs, enseignants et entreprises autour du thème "Ethical Leadership : A New Frontier for Design".
"Le design ne peut plus se contenter d’être au service de l’esthétique ou de l’ergonomie. Il doit assumer un rôle stratégique, politique, et profondément éthique", a affirmé Christian Guellerin, directeur général de l’école et président honoraire de l’association Cumulus, en ouverture du colloque. Pour lui, les mutations du XXIᵉ siècle exigent des professionnels capables "de poser des choix engageants, de penser l’impact de leurs créations sur les générations futures, et de devenir les catalyseurs d’un avenir durable".
Un événement d’envergure internationale
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 60 nationalités représentées, plus de 80 intervenants internationaux, 40 conférences et ateliers, et la présence de grands groupes comme Saint-Gobain, Samsung, PepsiCo, EDF, Orange ou AXA. Le colloque a également donné lieu à des remises de prix (France Design Impact Awards), des expositions de projets étudiants, et une table ronde finale sur le rôle du design français, avec notamment Matthieu Lehanneur.
Pour Anne Brochard, présidente de L’École de design Nantes Atlantique, l’accueil de Cumulus est une reconnaissance du dynamisme local de cette école qui compte 1 800 étudiants sur son campus nantais. "À la croisée des responsabilités économiques, sociales et environnementales, le design doit affirmer son rôle de leadership dans les organisations. Nantes, avec son écosystème créatif, innovant et durable, est un terreau fertile pour faire émerger cette nouvelle vision", a-t-elle souligné, réaffirmant le rôle de "chef d’orchestre" promis au designer au sein des entreprises.
Design éthique et transformations
Parmi les grandes thématiques abordées : l’éthique numérique à l’ère de l’intelligence artificielle générative, la transition alimentaire, la ville régénérative, l’innovation publique centrée sur le citoyen ou encore l’entrepreneuriat responsable. Ces sujets ont été explorés avec l’ambition de replacer le design au cœur des décisions structurantes des entreprises et des politiques publiques.
Dans une intervention, Gilles Rougon, expert design & innovation chez EDF R & D, a insisté sur le rôle moteur du design face à la complexité du monde contemporain. "Toute conception engage, dit-il. Le designer, l’entreprise, le client comme le territoire. Aborder l’éthique du design, c’est accepter de repenser nos boussoles, de croiser les regards et de viser des impacts réellement positifs."
Une ambition pédagogique et stratégique
Au-delà de la réflexion, l’événement entend irriguer durablement la formation des futurs designers. "Nous devons enseigner non seulement la compétence, mais aussi la conscience", martèle Christian Guellerin. L’École de design Nantes Atlantique, déjà présente à l’international et dotée de cinq Design Labs thématiques, entend faire de ce positionnement éthique, du design engagé, une pierre angulaire de son développement, à Nantes comme sur son nouveau campus de Laval, et dans tous les esprits où des petites graines ont été semées durant quatre jours à Nantes, à l’occasion des 35 ans de l’association Cumulus.