À Toulouse, le deuxième tour des élections municipales verra s’opposer le 22 mars 2026 la liste conduite par le maire sortant Jean-Luc Moudenc (DVD, 37,23 % des voix au premier tour) à celle menée par François Piquemal (LFI, 27,56 %), « Demain Toulouse, la gauche unie », née de la fusion opérée avec l’équipe de François Briançon (PS, 24,99 %) à l’issue d’un premier tour marqué par un taux de participation de 56,42 %. En cas de victoire de cette dernière dimanche, le député François Piquemal deviendrait maire de Toulouse et François Briançon prendrait les rênes de Toulouse Métropole, l’établissement public de coopération intercommunale qui regroupe 37 communes autour de la Ville rose.
Toulouse ne peut se construire "sans ses entreprises"
Pour le Medef Haute-Garonne (700 entreprises adhérentes), qui s’inquiète « de la montée des extrêmes », cette alliance entre La France Insoumise et le Parti Socialiste semble « contre-nature, tant certaines positions défendues pendant la campagne, telles que la disparition du modèle des entreprises familiales ou l’augmentation de la fiscalité pour les entreprises, apparaissent incompatibles avec le rôle joué par certains colistiers au sein de ces mêmes entreprises. »
Dans un communiqué publié au lendemain du premier tour, le Medef Haute-Garonne, présidé par Pierre-Olivier Nau, argue du fait que « les politiques publiques qui fragiliseraient l’investissement, décourageraient l’initiative ou s’opposeraient systématiquement à l’entreprise constitueraient un risque réel pour l’emploi, le pouvoir d’achat des salariés, l’attractivité et le développement de notre territoire » et que « l’avenir de Toulouse ne peut se construire sans ses entreprises, et encore moins contre elles. »
La CPME 31 (1 500 adhérents), de son côté, rappelle avoir transmis à l’ensemble des listes candidates, avant le premier tour, un recueil de 91 propositions destinées à renforcer l’attractivité économique, encourager l’entrepreneuriat et accompagner les transitions écologiques et numériques, ainsi qu’une charte d’engagement en 10 points, en faveur des entreprises, notamment des TPE et des PME.
Or, indique le syndicat patronal départemental présidé par Nicolas Durand, « à l’issue du premier tour, la seule liste signataire de cette charte en mesure d’être élue est celle de Jean-Luc Moudenc. C’est pourquoi le conseil d’administration de la CPME 31, à l’unanimité, s’engage et appelle ses adhérents, dirigeants et leurs salariés à voter pour la liste de Jean-Luc Moudenc. » C’est la première fois que la Confédération des petites et moyennes entreprises de la Haute-Garonne prend nommément position dans une élection municipale à Toulouse.
La FBTP31 pointe des "risques"
Quant à la Fédération du bâtiment et des travaux publics de Haute-Garonne (FBTP31), organisation professionnelle qui représente 1 100 entreprises du territoire, employant 18 500 salariés, elle a souhaité, dans un communiqué publié le 18 mars, « attirer à nouveau l’attention sur plusieurs risques identifiés dans le programme de François Piquemal. » Elle cible plus précisément quatre points : la révision du plan local d’urbanisme intercommunal de l’habitat (PLUi-H), qui, conjuguée à la remise en cause de projets déjà engagés, « pourrait entraîner un arrêt d’activité pour les entreprises du secteur estimé entre 12 et 18 mois » ; la mise en place d’un encadrement des loyers ; une approche déséquilibrée entre logements sociaux et logements privés ; et l’arrêt du projet LGV Bordeaux-Toulouse.