En tant que Danois, quelles ont été vos impressions en arrivant en France ?
La main-d’œuvre en Lorraine offre un bon niveau de qualification et les contacts avec la communauté de communes de Faulquemont sont très positifs. Je regrette simplement l’importance des contraintes administratives qui pèsent sur les entreprises en France et n’encouragent pas leur développement. Selon moi, votre pays doit relever un important challenge : améliorer la flexibilité de sa main-d’œuvre. C’est vraiment compliqué pour un industriel d’augmenter ou de diminuer ses capacités de production, en raison de la lourdeur du cadre réglementaire qui vise à protéger les travailleurs. C’est une des raisons pour lesquelles les PME locales n’embauchent pas. L’économie danoise est plus dynamique de ce point de vue-là et le chômage y est moins élevé. Plutôt que de soutenir l’embauche de jeunes ou de seniors, les gouvernants français devraient plutôt encourager la compétitivité des entreprises en améliorant leur environnement.
À quoi vont servir les 20 millions d'euros investis par Grundfos à Longeville-lès-Saint-Avold ?
Avec 700 salariés, le site de Longeville-lès-Saint-Avold est une des quatorze importantes unités de production de Grundfos (NDLR : 18.500 collaborateurs et 3,1 milliards de CA en 2013). Pour notre groupe, spécialiste des pompes et systèmes de pompage, l’année 2014 a notamment été marquée par cet investissement qui vise à adapter nos lignes à une nouvelle norme européenne. En effet, une directive impose pour 2015 des systèmes de régulation électronique pour réduire la consommation des pompes de chauffage. Cette adaptation de nos process en France a pour corollaire le transfert de lignes de production à l’extérieur de l’Union européenne. Mais elle permettra de maintenir l’emploi en France. Cette année à Longeville-lès-Saint-Avold, nous devrions atteindre une production de 3,8 millions de circulateurs, 750.000 systèmes hydrauliques intégrés et 45.000 pompes doseuses. Des produits destinés aux fabricants de chaudières, de systèmes d’air conditionné, etc. En effet, nos pompes et systèmes de pompage constituent les composants des produits finaux assemblés par nos clients.
Quelles sont les conséquences de cet investissement ?
La production sera davantage automatisée, ce qui implique que les salariés disposent d’un haut niveau de qualification. C’est une des raisons pour lesquelles nous sommes présents en France et en Lorraine. L’enjeu est de taille. Notre site lorrain alimente une bonne partie du marché européen : nos clients pour les parties production (170 millions d'euros de CA) et distribution (180 millions d'euros de CA) sont implantés en France, Italie, Benelux, Suisse, Espagne, Portugal, Pologne et Finlande. Face à la concurrence mondiale et notamment chinoise, nous devons donc jouer la carte de la qualité. Pour 2015, nous tablons sur une augmentation de 10 % de notre production. Car même si l’Union européene n’apparaît pas dans une situation économiquement très stable, nous enregistrons des signes positifs sur notre marché.