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"Mon ambition est d’être encore plus proche de nos adhérents"
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André Festou président de la CPME Normandie "Mon ambition est d’être encore plus proche de nos adhérents"

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André Festou est le nouveau président de la CPME Normandie. Élu le 27 mars, celui qui a déjà été par deux fois président de la CPME du Calvados, élu de la CCI Caen Normandie, ou encore vice-président de Caen La Mer Emploi et Compétences, veut renforcer la proximité avec ses adhérents et mettre en phase son antenne territoriale avec la nouvelle gouvernance de la CPME nationale.

"Nous demandons d’arrêter la surtransposition dans le droit français de directives européennes", insiste notamment André Festou, nouveau président de la CPME Normandie — Photo : DR

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter pour ce nouveau mandat régional ?

Je n’avais pas forcément en tête de faire ce nouveau mandat, car j’avais arrêté depuis deux ans mon mandat à la tête de la CPME du Calvados.. Mais après discussion avec Xavier (Xavier Prevost le précédent président de la CPME Normandie, NDLR), j’ai constaté que ma fibre d’accompagnement des adhérents était toujours forte et que j’en avais envie. Je connais bien la maison, les présidents de chaque département et les délégués généraux, ce qui est plus facile pour mettre en place un plan d’action. C’était important pour moi de savoir que mes idées pouvaient se développer en milieu favorable, avec une même communauté de valeurs. Et je veux avancer de manière constructive, pas dans le rapport de force, afin de trouver des consensus. Il y a donc le contexte qui est favorable à ma venue, mais aussi l’envie de retourner au charbon pour nos entreprises.

Justement, quels sont les besoins des entreprises ?

Les difficultés sont assez récurrentes. Parmi celles-ci, on trouve les accès au financement, et le recrutement et la fidélisation des talents qui a pris une grande importance ces dernières années en devenant un sujet de préoccupation majeur des entreprises. Il y a aussi les difficultés auxquelles il faut répondre face à des sujets administratifs comme le mécanisme de simplification. Autre difficulté à aborder, les trop nombreux mouvements législatifs dans le domaine de la fiscalité qui n’aident pas à trouver de la stabilité.

Quelles vont être vos priorités ?

Je ne viens pas pour renverser la table, mais pour m’inscrire dans une continuité. Mon ambition est d’être encore plus proche de nos adhérents, dans un milieu de plus en plus complexe et face à une crise qui est dramatique pour nos entreprises. Être davantage au contact dans les entreprises pour être en soutien et à l’écoute de leurs problématiques et ensuite les faire remonter.

Pour aller dans ce sens par exemple, les CPME de Seine-Maritime et de l’Eure ont mis en place une plateforme de mise en relation des adhérents. L’objectif est d’être en prise directe avec l’adhérent au sein de son entreprise pour avoir un meilleur retour de l’information sur les difficultés propres au dirigeant.

"L’activité liée à la Défense, qui irrigue 500 à 600 PME dans la région, est un sujet stratégique. Il faut aider les entreprises à augmenter leurs niveaux de commandes ou à se diversifier"

Être présent dans les différentes instances paritaires et autres est également une priorité. Car, l’année 2026 va être une année intense avec beaucoup de renouvellements de mandats dans les CMA et les CCI, ce qui demande un travail actif sur le sujet. Nous devons renforcer nos positions dans tout ce qui concerne le dialogue social et les instances.

Je veux également mettre en phase la CPME Normandie avec la nouvelle gouvernance de la CPME Nationale, suite à l’élection d’Amir Reza-Tofighi. Avec notre nouveau président, il ne s’agit plus seulement de gérer, il porte une vision sur ce que doit être l’économie dans notre société, en matière de souveraineté alimentaire, ou encore de retraites. Il y a une démarche un peu plus politique de prise en compte des réalités de la vie de la cité. Notre organisation régionale doit tenir compte de la vision stratégique nationale de la confédération et la décliner en local.

Quels sont les sujets stratégiques à venir en région ?

L’activité liée au secteur de la défense qui irrigue 500 à 600 PME dans la région et qui vivent indirectement ou directement des commandes du ministère des Armées. C’est un sujet stratégique et il faut aider les entreprises à augmenter leurs niveaux de commandes, ou à se diversifier. C’est une opportunité de business liée au difficile contexte géopolitique, mais qui doit permettre à nos entreprises d’aller chercher de la croissance à un moment ou les marchés traditionnels sont en crise.

En région, nous avons aussi des sujets autour du nucléaire, de l’agroalimentaire, ou encore de la santé. Des secteurs essentiels dont on doit se rapprocher, en développant des relations locales avec les fédérations et les clusters. C’est le type de partenariats qui permettront à nos entreprises de pérenniser leurs activités et de s’ouvrir à de nouveaux marchés.

Il y a aussi la question plus globale de la simplification administrative…

Oui, et c’est un sujet qui ne date pas d’aujourd’hui. Je vois ce sujet au travers des préconisations de la CPME, avec la réduction des obligations déclaratives, la simplification des démarches, la stabilisation de la législation, et la mise en place de tests PME pour observer l’impact sur les PME de toute future loi avant sa mise en place.

C’est un sujet national, mais à notre niveau nous pouvons par exemple proposer des entreprises pour effectuer les tests PME et faire remonter les informations obtenues. Et dans son Livre Blanc, la CPME propose la mise en place des tests PME à l’échelle européenne. Ce que nous demandons c’est d’arrêter la surtransposition dans le droit français de directives européennes, une dérive typiquement hexagonale. On ne peut pas continuer à alourdir sans cesse les charges administratives.

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