Pour Matthias Vivier-Merle, dirigeant de Mobilboard, « le marché des activités de tourisme et loisirs connaît la même révolution que celui de l'hébergement il y a dix ans ». Avec, côté face, « un développement de l'activité sans précédent », et côté pile, une ubérisation grandissante du secteur illustrée par les récents lancements des Booking Expériences et autres Get Your Guide. C'est dans ce contexte que s'inscrit le développement du réseau niçois spécialisé dans les visites touristiques en gyropodes. Une offre de loisirs qui « correspond aux nouvelles tendances du secteur : voir plus de choses pendant des séjours plus courts, vivre des expériences originales et choisir des activités qui se partagent dans le respect de l'environnement. »
Cap vers l'international
Fondé en 2010, Mobilboard revendique le leadership en France avec, à ce jour, 60 agences réparties dans les grands spots touristiques du territoire, Dom-tom inclus, proposant plus de 500 circuits différents mais aussi des animations pour les entreprises (team building) et des actions de street marketing. Le réseau emploie à l'année 120 personnes et a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires supérieur à 7 millions d'euros. C'est donc tout naturellement qu'il se tourne désormais vers l'Europe avec l'objectif de franchir d'ici à 2018 la barre des 100 centres Mobilboard. Déjà implantée sur des destinations francophones (Maroc, Tunisie, Belgique, Luxembourg), l'enseigne a ouvert en 2016 un premier centre à Barcelone. « C'est une place concurrentielle forte et, à cet égard, un bon moyen de tester si le concept séduit une clientèle non francophone », avance le dirigeant. Depuis, le site et l'outil de réservation ont été dupliqués en espagnol, évidemment, mais aussi en anglais et en allemand.
Ubérisation
Car pour convaincre les loueurs de gyropodes indépendants - français et européens - de rejoindre le réseau, Mobilboard mise, au-delà de sa marque et de ses références clients (110.000 en 2016), sur une présence forte sur internet. Et ce, grâce à sa plateforme incluant, entre autres, module de réservation et logiciel de gestion, histoire d'anticiper une ubérisation qui pourrait bien venir « asphyxier le marché ». « Ici comme ailleurs, les plateformes d'intermédiation veulent prendre le pouvoir. On s'est donc inspiré des expériences passées pour développer les bons outils et faire en sorte de garder notre avance ».
Diversification de l'offre
Par ailleurs, l'enseigne diversifie progressivement son offre. Après avoir lancé une activité vente avec la mise en place d'espaces shopping, elle ouvre son parc à d'autres engins de transports électriques individuels. Aux 750 gyropodes Segway déjà détenus par les franchisés et la tête de réseau, se sont donc ajoutés 350 vélos électriques. « D'autres produits suivront comme la trottinette ou le mono roue », indique Matthias Vivier-Merle. Lequel entend ainsi se positionner sur un nouveau marché, « celui des nouvelles mobilités urbaines partagées », pour développer à moyen terme « une stratégie de services de dernier kilomètre ». À suivre.