Prendre le volant pour motif professionnel n'est pas anodin. Chaque année, ce geste est à l'origine de près du quart des accidents mortels au travail. Une «hécatombe» (voir ci-contre) que les acteurs de la prévention aspirent à freiner. À commencer par l'INRS, l'Institut national de recherche et de sécurité. Financé à 95% par le fonds prévention de la CNAMTS (Caisse nationale de l'Assurance-maladie des travailleurs salariés), cet organisme employant 650 personnes participe notamment à réduire les risques professionnels liés à la conduite.
Tués par leur chargement
«Outre de la formation et du conseil auprès des entreprises, nous travaillons la partie prospective au travers d'études physiques, ergonomiques, etc.», précise Laurent Baron, chef de projet Prévention des risques routiers à l'INRS. Ces dernières années, des recherches ont été ainsi menées sur le chargement à bord des VUL (véhicules utilitaires légers), dont le parc a doublé en vingt ans. Un crash test a eu lieu fin 2006 au siège de Valutec, centre technologique spécialisé en transports terrestres. Objectif: repenser l'arrimage des charges, outils, pots de peinture, etc. spécifiques aux VUL. «Sauvés par la ceinture de sécurité ou l'airbag en cas de choc, les conducteurs sont percutés et tués par leur chargement. D'où la nécessité de doter les véhicules d'aménagements intérieurs sécurisés». Informer: une autre mission de l'INRS. De nombreux outils «prêts à l'emploi» sont ainsi téléchargeables sur son site pour sensibiliser les salariés. «Quand on sait que certaines professions, comme les livreurs, ambulanciers, commerciaux etc. conduisent jusqu'à cinqheures par jour en s'exposant à d'autres risques (stress, vibrations etc.), l'enjeu est de taille.» L'institut incite donc à repenser aussi bien l'organisation des déplacements, le choix des véhicules, la communication durant les trajets que les compétences en la matière. Avec un même leitmotiv: «Ne pas isoler la conduite des autres situations de travail».
Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles: www.inrs.fr
Réparer un toit, découper de la viande... Quand on évoque les activités professionnelles à risques, la conduite ne vient pas toujours à l'esprit. Elle constitue pourtant la première cause de mortalité au travail. D'où les actions engagées dans ce domaine.