«Alors que notre activité de fabrication de machines est presque complètement destinée à l'exportation -nos dernières installations se sont déroulées en Sibérie, en Afrique du Sud et en Chine-, la toute dernière livrée a été commandée par un client français», explique Pierre Portefaix, gérant de Metraplan industrie depuis 1997. La société, depuis les origines en 1950, est atypique. Elle s'est développée sur deux niches qui n'ont rien en commun. L'une s'adresse au marché de l'industrie du ski avec des systèmes antidéraillement pour le transport par câbles, et l'autre à celui du panneau bois ou cuir avec la construction de machines de mesure à la demande. Le seul point commun entre les deux est la mesure. «La première activité est un métier ancien, pas très évolutif, mais qui a sa noblesse car il concerne la sécurité des skieurs», poursuit Pierre Portefaix. Il s'agit de mesure de distances: un localisateur électronique est capable de détecter l'endroit où se trouve le défaut du câble. Pour l'industrie des panneaux de bois ou de cuir, il est question d'analyser la mesure de surface. «Le produit est très intéressant, évolutif. Les mesures s'effectuaient autrefois à l'infrarouge, puis au laser. Aujourd'hui, l'imagerie et la vision par ordinateur bouleversent complètement les données», ajoute-t-il. L'une est prédominante en France et dans le Nord de l'Europe, avec 350 stations de ski, et l'autre est quasiment une activité d'exportation avec une présence dans une centaine de pays imposant une documentation différenciée et des logiciels traduits dans les langues adaptées. La dernière machine à caméra livrée, en France cette fois-ci, la plus innovante, est une petite révolution en soi. Elle est capable de mesurer en trois dimensions des panneaux de bois qui sont légèrement courbes.
Gérer les pics d'activité
L'évolution entre les origines de l'entreprise et aujourd'hui réside dans la sous-traitance. Dans les années 50, Metraplan industrie employait une cinquantaine de salariés car la fabrication de machines se faisait complètement en interne. Aujourd'hui, elle sous-traite à une trentaine d'entreprises françaises. L'intégration est de plus en plus poussée: «Le coeur du dispositif se résume en une carte électronique du marché, une autre carte appartenant à Metraplan et un OSWindows sur lequel nous greffons nos développements logiciels qui, eux, sont très puissants». Ainsi le nombre de salariés en interne ne cesse de diminuer. «En période normale, le nombre tourne entre dix et douze. Mais depuis deux ans, nous subissons de plein fouet la crise. Ne serait-ce qu'en Italie, nous avons perdu une dizaine d'usines clientes», analyse-t-il. L'avenir? Une forme de production encore plus intégrée, machines de mesure vendues en kit, prêtes à installer, encore plus compactes et intelligentes. Le déménagement de Veurey-Voroize pour s'installer sur 248m² dans la zone du Peuras à Tullins, près de Voiron dans un bâtiment tout neuf et bien équipé, permet cette transition.
Metraplan industrie fabrique des machines à 80% pour l'export et pour des marchés atypiques.