Il n'est pas rare de lire, sur une carte de visite, "Florence X, directeur", ou d'entendre Marie Y se présenter comme "président". À une époque où le fatal plafond de verre qui empêche de nombreuses femmes d'accéder aux fonctions de direction ne cesse d'être dénoncé de toutes parts, quand les études se succèdent pour démontrer, chiffres à l'appui, qu'à travail égal le salaire ne l'est toujours pas entre les deux sexes, qu'à diplôme égal, voire supérieur, la carrière des femmes n'évolue pas aussi rapidement que celle des hommes, pourquoi les femmes ne féminisent-elles pas leur fonction ? L'une d'elles m'a dit que c'était l'intitulé officiel de son poste, déterminé pas les ressources humaines. Une autre m'a expliqué que son titre de directeur était plus imposant au masculin. Une autre encore m'a soutenu que la version féminine de son titre n'existait pas. D'autres argumentent qu'il ne s'agit que d'un "e" en plus ou en moins, que cela ne change pas leur quotidien. Certes. Mais les mots sont chargés de sens, ils ont un poids et marquent une différence. C'est une question d'identité et de place. Le symbole est grand. Alors mesdames, affirmez-vous, imposez la féminisation de votre métier, de votre fonction et osez être la conseillère, la consultante, la responsable, la secrétaire générale, la directrice, la ministre, la présidente. Si vous ne le faites pas, ils ne le feront pas pour vous... @email
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