«Le point crucial, c'est de savoir si l'entreprise est solide, viable. Si c'est le cas, la plupart du temps, on arrive à convaincre la banque». Médiateur du crédit national, Gérard Rameix a voulu donner un visage efficace à l'action déployée depuis deux ans par sa structure en France. «Dans 60 à 65% des cas, nous avons trouvé un terrain d'entente avec la banque», rapporte-t-il. Un taux précisément de 58,7% dans le Haut-Rhin et de 63,7% dans le Bas-Rhin. Prolongé de deux années supplémentaires par la ministre de l'Économie et des Finances Christine Lagarde, le dispositif marche de manière «tout à fait convenable en Alsace», a expliqué Gérard Rameix.
Une distribution de crédits en hausse
L'UPA et la CGPME ont beaucoup oeuvré pour le maintien d'un dispositif qui sert avant tout aux plus petites entreprises. «Depuis la crise, nous ne sommes pas encore tout à fait revenus à une situation normale», reconnaît Gérard Rameix, «même si la distribution de crédits aux TPE et PME a progressé de 5% en un an, à 200milliards d'euros.» Dans la région et depuis le lancement du dispositif, le nombre de dossiers traités en médiation s'élève à 602, pour une somme de 105,7millions d'euros (3,3% des encours nationaux). Dans près de 60% des cas du Haut-Rhin et 50% du Bas-Rhin, ils concernent des montants inférieurs à 50.000euros. «Il a permis de préserver plus de 5.350 emplois en Alsace», estime-t-on au sein de la médiation du crédit. «L'intervention du médiateur m'a permis d'avoir le fonds de roulement nécessaire pour mon activité et de remettre un peu d'huile dans la gestion de mon entreprise», témoigne Jean-Marie Bruckert, dirigeant d'AFM à Cernay, «la réouverture des crédits nous a permis d'obtenir des délais de paiement auprès de nos fournisseurs.»
La reprise à financer
Si le Bas-Rhin s'inscrit parfaitement dans la norme nationale en termes de typologie des secteurs concernés, le Haut-Rhin se distingue par une sous-représentation du secteur industriel (5,8% contre 15% en moyenne) mais une surreprésentation des Services (40% contre 31% de moyenne) et du BTP (26% contre 20% en moyenne). Signe que les temps changent, la structure noterait actuellement une division par deux du nombre de dossiers lui parvenant depuis le mois de juin dernier. L'Alsace ne déroge pas à la règle. «Mais les entreprises auront aussi besoin de financer la reprise, leurs stocks et les investissements. Nous serons là pour les aider à passer ce cap», conclut Gérard Rameix.