Laurence Parisot, présidente nationale du Medef, était invitée par le Medef Isère à l'occasion de son assemblée générale. Elle a souligné «la réputation extraordinaire de Grenoble en France et à l'étranger». L'agglomération «fait partie de la modernité, elle est un pôle économique très avancé qui a fait le lien entre l'entreprise et l'université, entre la production et la recherche. Elle a su passer de l'industrie traditionnelle à la high-tech, ce qui est de bon augure pour sa capacité à repérer l'industrie majeure à venir.»
Innovation et développement durable
Selon elle, l'avenir de la France repose sur «un investissement massif dans la recherche et l'innovation, ainsi que dans la production pour garder un outil solide». Ainsi, le pays «pourra retrouver un bon niveau de croissance». Elle insiste sur le fait qu'il faut «tous se mobiliser pour être à la pointe de l'innovation. Les nouvelles idées font passer d'un cycle économique à un autre. La France et les entreprises doivent être imaginatives car nous sommes en mutation économique, pas seulement en crise. Les entreprises doivent créer les produits de demain.»
La «PME attitude»
Mais elle relève «une chose déterminante: le futur et la croissance doivent être du développement durable. Nous ne pourrons pas dire à nos enfants que nous ne savions pas, car nous savons. La difficulté est de résister au choc de la crise tout en transformant les processus de production, les concepts, et en déterminant les besoins des clients finaux.» Laurence Parisot explique également que «les entreprises sont une chaîne et qu'il y a besoin de solidarité entre les maillons. Les grandes entreprises doivent être vigilantes envers leurs fournisseurs. Nous devons avoir conscience de la fragilité des PME et adopter la PME attitude.»
Dialogue social et retraites
La présidente nationale du Medef prêche aussi pour le dialogue social en évoquant la «bonne gouvernance qui est synonyme de respect et de confiance entre les différents partenaires. Les choses sont plus difficiles quand l'information ne circule pas.» Elle a d'ailleurs proposé «dès le mois de février» de rencontrer les syndicats nationaux, rencontre qui s'est tenue le 27mai. «À l'issue, nous avons engagé des négociations immédiates, qui sont toujours en cours, sur la gestion sociale des conséquences de la crise» et qui portent sur les moyens de «limiter les effets durs de la crise», la stratégie industrielle et le dialogue social. Autre sujet d'actualité: l'âge du départ à la retraite. Sur ce point, la présidente du Medef estime que «Nicolas Sarkozy a raison de fixer une échéance, pour mi-2010. Le débat doit être le plus long possible pour que tout le monde maîtrise les données du problème. Il n'est pas compliqué, mais nous avons besoin de connaître tous les paramètres. L'espérance de vie est une bonne nouvelle. Mais quand la retraite durait dix ou quinze ans auparavant, elle est maintenant de vingt-cinq ou trente ans.» Elle souhaite que le pays prenne «la décision la plus consensuelle possible. Ce n'est pas un sujet partisan, ni politique. Il s'agit de données démographiques objectives.» Quant à l'employabilité des seniors, elle estime qu'il s'agit d'«une responsabilité collective entre l'État, le patronat et les syndicats».
Laurence Parisot, invitée de l'assemblée générale du Medef Isère, a donné son point de vue sur différents sujets de l'actualité économique.