En visite à Rouen, la présidente du Medef a vanté «le management de proximité» qui caractérise selon elle les PME françaises. Un atout dans une crise dont la sortie s'annonce lointaine. «Nous sommes dans la troisième année de la crise», et probablement pas la dernière, a martelé Laurence Parisot lors de son passage à Rouen en février dernier. Et si la présidente du Medef assure que son organisation «reste très vigilante», elle s'inquiète de perspectives de reprises réelles mais lointaines, «plus que ce que l'on pouvait espérer il y a quelques mois encore».
«Ne faites rien qui puisse nuire aux PME!»
Alors pour tenir le choc, elle exhorte les représentants politiques comme les très grandes entreprises à adopter «la PME attitude» et le management de proximité qui la caractérise: «Ce que nous disons aux politiques, c'est: Attention! Ne faites rien qui puisse nuire aux PME car un rien suffirait à leur mettre un second genou à terre». Et aux grandes entreprises, la patronne des patrons passe le message que bien qu'étant dans une économie concurrentielle «il faut faire preuve de solidarité, avoir une attention à l'égard de vos fournisseurs plus grande qu'en temps normal», alors même que les carnets de commandes «ne remontent pas dans une proportion suffisante pour retrouver le niveau de production d'avant la crise».
Taxe carbone? Un débat européen
Au gouvernement, Laurence Parisot demande la plus grande prudence sur le sujet de la contribution énergie: «Nous n'y sommes pas hostiles, à condition qu'elle soit entièrement compensée, comme c'est le cas pour les particuliers», avance-t-elle. Un principe «oublié» par le gouvernement dans la dernière Loi de Finance... Oubli, depuis, sanctionné par le Conseil Constitutionnel! Mais pour la présidente du Medef, l'essentiel reste que le débat ait lieu au niveau européen, «et là, nous ne nous pénaliserons pas!» Et ce que la taxe carbone enlèverait d'une main, la suppression de la taxe professionnelle peut-elle le redonner de l'autre? Laurence Parisot n'y croit guère. Sans oublier de louer «l'effort et le courage du gouvernement» sur ce dossier, elle rappelle que la mesure (un allégement total de 4,5milliards d'euros au profit des entreprises sur les 22,5milliards que représente aujourd'hui la taxe professionnelle, selon elle) n'aura pas d'impact «suffisamment significatif pour retrouver des gains de compétitivité».
Guillaume Ducable