Pourquoi
avez-vous souhaité prendre la tête du Medef des Hautes falaises ? C'est le fruit d'une réflexion que j'ai mené depuis le mois de mars, afin de faire un arbitrage équilibré entre ma vie professionnelle, familiale et mon engagement sociétal. Cela fait maintenant quinze ans que je travaille pour Olvea, dont quatorze consacrés au business. À un moment, on peut difficilement vivre dans une entreprise prospère sans se poser la question de son environnement. Et les défis sur la zone des Hautes falaises sont immenses.
Quel sens voulez-vous donner à votre engagement ?
Si moi et les autres entrepreneurs dynamiques de la zone de Fécamp on ne s'engage pas, personne ne le fera ! Il n'est pas envisageable qu'en période de difficultés économiques fortes, notamment sur ce territoire, il n'y ait pas une équipe d'entrepreneurs qui s'engage. Mon engagement personnel est bénévole et gratuit car je n'ai pas d'intérêts économiques ici. (Le groupe Olvea est spécialisé sur le marché des huiles de poisson riches en oméga 3 en provenance de l'océan Atlantique et leader européen dans la production et le conditionnement d'huiles et beurres végétaux pour les industries cosmétique, pharmaceutique, nutraceutique et agro-alimentaire. Il réalise 75 % de son chiffre d'affaires à l'export. Olvea est implanté au Burkina Faso, au Maroc, en Mauritanie et vient d'ouvrir deux nouvelles filiales au Ghana et aux Pays-Bas, Ndlr).
Quelles sont vos priorités en tant que nouveau président ?
Quinze commissions sont mises en place pour réfléchir aux problématiques du territoire. Avec pour objectif que ces réflexions aboutissent à des actions. Nous avons besoin de fédérer les experts pour ensuite appuyer les collectivités locales. Parmi ces commissions, il y a trois grandes priorités : les Grands projets avec l'Axe Seine et le parc éolien de Fécamp, les actions de lobbying auprès des collectivités locales, de l'État (projets de loi, Ndlr) et des grandes administrations et enfin, la représentativité des adhérents. Sur ce dernier point, tous les secteurs d'activités doivent être représentés au Medef : commerçants, services, industries... Avec pour objectif de faire venir de nouveaux membres.
À l'image du rapprochement réalisé par les CCI de Normandie, pensez-vous qu'il soit possible d'envisager un mouvement similaire entre les Medef de Seine-Maritime ?
Que les Medef de Rouen et du Havre mettent en place une communauté de moyens et le Medef des Hautes-falaises les rejoindra tous les deux. Mais seulement lorsqu'ils seront ensemble ! On peut mettre en commun des moyens administratifs, sous la forme d'un GIE par exemple, mais, en gardant à l'esprit qu'il faut conserver une proximité géographique avec les territoires.
De quoi ont besoin les entreprises pour mieux performer en France ?
Il faut faire sauter l'ensemble des freins à l'embauche. Je prends un exemple : un contrat de travail chez les Hollandais tient sur une page : en France il fait sept pages... J'ai trop de collègues chefs d'entreprises qui restent en dessous des seuils à 19, 49 ou 249 salariés afin d'éviter les lourdeurs administratives qui s'ensuivent une fois les seuils franchis. Il faut travailler sur la problématique de l'accessibilité à l'emploi et trouver les moyens d'alléger les lourdeurs administratives.
Depuis le 24 septembre dernier, Arnauld Daudruy, président du groupe Olvea à Fécamp, est le nouveau patron du Medef des Hautes Falaises. Il explique ses ambitions.