«Crise, vous avez dit crise?» Alain Simon, économiste et conférencier s'est livré à une démonstration sans concession, humoristique et fondée sur des explications géopolitiques. Invité à l'initiative du Medef Artois, il a capté l'assistance des adhérents par une démonstration sortant des sentiers battus. Pour cela, vidéos, photos et journaux à l'appui, il a remonté le temps. Direction juillet1944 et Bretton Woods. «Dès ce jour-là, le dollar américain est devenu la monnaie internationale. Grosso modo, c'était soit l'armée rouge soit le billet vert», martèle l'économiste. Il poursuit en étayant son propos. Les guerres se succèdent mais le dollar poursuit son expansion.
Financeurs ou receleurs successifs
L'État américain a recours à l'emprunt pour financer la guerre froide. Après l'Europe, les Japonais deviennent financeurs et amassent des dollars. Puis ce sont les Chinois. Cet attrait pour le dollar s'explique par le gonflement de la valeur des créances par les financeurs successifs. «Il y a des receleurs successifs (nous, le Japon, la Chine) face aux États-Unis, le colosse aux pieds de papiers. Si ces receleurs dépensaient les sommes collectées, les États-Unis seraient ruinés. Mais il n'en est rien. Tout cela fonctionne avec la pompe à croyances. Elle a été rompue avec Bush, Obama s'attelle au contraire aujourd'hui.»
Relancer la machine à croyances
Alors au final, pour l'économiste, cette crise n'est pas si grave. «Et puis, une crise peut toujours en cacher une autre.» Caustique, il esquisse en fin de propos un scénario de sortie de crise. «Il faudrait peut-être remettre en service la machine à formuler les croyances.»
Alain Simon ne mâche pas ses mots et ne ménage pas son énergie. Invité du Medef Artois, l'économiste a livré sa grille de lecture sur la crise. Il souligne le rôle prépondérant du dollar américain.