En décembre2002, à la barre du tribunal de commerce de Toulon, le modèle coopératif a offert une seconde chance à l'entreprise Matraloc, franchise du groupe Demeco, et un nouveau métier - chef d'entreprise - à Frédéric Pierra. À l'époque, le modèle de la société coopérative et participative s'est imposé «pour sauver nos emplois.» Depuis, l'entreprise s'est recentrée sur son coeur de métier: le déménagement des particuliers et des militaires, le gardiennage de meubles et la manutention. Elle a poursuivi vaille que vaille son activité, tout en sachant pouvoir compter sur l'appui quotidien «et indispensable» de l'union régionale des Scop. Cette dernière fournit en effet aux hommes «les capitaux et techniques nécessaires à la prise en main de leur destin.»
La Scop, une chance en période de crise
Cette seconde chance dure depuis 10 ans, «une longévité sur laquelle peu de personnes auraient parié en 2002», confie Frédéric Pierra. Mais dans le contexte actuel, les lendemains de Matraloc restent imprévisibles. «Nous transportons la confiance de la France. Alors quand l'économie tourne au ralenti, nous avons forcément moins de mouvements à réaliser», confie Frédéric Pierra. Heureusement, dans l'entreprise, personne ne baisse les bras, «carnous réussirons ou nous perdrons ensemble.Car, nous sommes les militants d'un modèle basé sur l'entraide et la solidarité, qui mériterait d'ailleurs d'être davantage connu.»
L'expérience de la démocratie
Les décisions sont collégiales, souvent issues de longues soirées de «brain storming». En 2002, le statut de Scop les a sauvés. En 2012, il leur permet d'anticiper, d'aller plus vite. Il facilite les échanges et participe à l'émergence de bonnes idées. «Dans notre entreprise, 70% de nos salariés sont associés et expérimentent tous les jours la démocratie», ajoute Frédéric Pierra. Alors les idées fusent. «Des salariés ont proposé de cibler davantage les marchés publics. D'autres imaginent le déménagement discount de demain. D'autres évoquent le système de déménagement rail-route. Une chose est certaine, quand la décision sera prise par tous, elle sera exécutée le lendemain.» En revanche, elle sera forcément financée sur fonds propres, car le modèle coopératif a tout de même un inconvénient: «La Scop ne peut pas faire appel au capital extérieur.»
Matraloc
(La Seyne-sur-Mer) Président: Frédéric Pierra 25 salariés CA 2011: 1,8M€ Tel.: 0494112424