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Marseille : Quelle place pour le business dans les quartiers nord ?
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Marseille : Quelle place pour le business dans les quartiers nord ?

Territoires Zone de non-droit ou terre de développement économique ? D'une même voix, élus et chefs d'entreprises voient dans les quartiers nord l'avenir de Marseille.

Théâtre de trafics en tous genres et de règlements de comptes sanglants, les quartiers nord de Marseille font les beaux jours de la rubrique "faits-divers" des journaux locaux. Pourtant, ils constituent également un réel écosystème économique, structuré par les deux zones franches urbaines de la Cité phocéenne. Un territoire en mutation que de plus en plus d'entreprises n'hésitent pas à investir, même si certaines tensions restent palpables chez les différents acteurs concernés, réunis tout récemment par l'association Cap au nord entreprendre. Pour Eugène Caselli, président de Marseille Provence Métropole, « le futur de la ville va désormais se construire au nord ». Un avis que l'élu argumente : « C'est dans cette zone que se trouve le foncier pour les entreprises. Et il y a le Grand port maritime, qui est en train de s'ouvrir sur la Cité. Sans oublier Euroméditerranée 2, qui bénéficiera d'un investissement de 150 M€ en infrastructures dans les deux ans qui viennent. Et puis, le nord de Marseille a une autre "pépite", les zones franches, qu'il faut à tout prix maintenir ». Menacé de disparition fin 2014, le dispositif est l'un des chevaux de bataille de l'élu : « A Marseille, cela représente 4.000 entreprises et 13.000 emplois. C'est un outil qui fonctionne. Une zone d'entrepreneurs "guerriers", qui restent même lorsque l'effet fiscal ne joue plus. C'est là qu'il faut investir. Il n'y a pas que les kalachnikovs dans les quartiers nord ! Il y a aussi un véritable potentiel de développement économique ».




La "marque" quartiers nord

La situation - presque idyllique - dépeinte par le discours politique ne se heurte-elle pas pourtant à l'image déplorable de ce territoire ? Au-delà des problématiques d'insécurité, la Maison de l'emploi rappelle en effet que « 36 % des gens de ces quartiers sont sans diplôme ». Pour le sociologue Jean Viard (par ailleurs vice-président de MPM), « il faudrait que ces quartiers ne soient plus considérés comme un espace de relégation, mais comme un potentiel de richesse. Il ne faut pas les cacher, mais les revendiquer. Passer de la stratégie de masque à la stratégie de marque ». Une "marque", les quartiers nord ? Ou tout simplement une partie de la ville comme une autre, qui resterait à reconquérir ? Du côté d'Euromediterranée, on voit l'avenir dans un « rapprochement des quartiers nord avec le centre-ville ». Avec l'extension Euromed 2, « ce secteur urbain va se transformer, les services généraux, les services publics et les structures culturelles vont se rapprocher. La qualité de vie va s'améliorer. Tout cela bénéficiera aux habitants, mais aussi aux entreprises implantées dans les quartiers nord ».




« Des jeunes motivés, avec l'envie d'apprendre »

Chez les entreprises, justement, le constat se veut optimiste. Ainsi, pour Marc Schillaci, président de la société Oxatis (70 salariés), implantée en ZFU depuis 2001, « en matière de ressources humaines, on ne trouve pas tous les profils en zone franche. Pour de la R & D de haut niveau, c'est quasiment impossible. Mais pour d'autres fonctions support, en revanche, il nous faut des gens jeunes, motivés, avec l'envie d'apprendre. Et cela, nous en avons trouvé beaucoup dans ces quartiers ! ».

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