Pour célébrer ses 50 ans, le 16 octobre dernier, l’EMD Business School à Marseille s’est offert une rencontre avec l’ancien footballeur Jean-Pierre Papin. Une soirée à laquelle étudiants, alumni, enseignants, dirigeants et acteurs économiques étaient conviés. Car ce sont tous ces acteurs qui font
"96 % des diplômés de l’EMD sont en emploi six mois après l’avoir quittée", avance fièrement Jacques de Chateauvieux, ancien président du conseil d’administration de cet établissement d’enseignement supérieur privé associatif. Le seul de Marseille, accessible en post-bac, jusqu’à bac + 5. L’ex PDG du groupe marseillais Bourbon cède la présidence de l’EMD à un autre entrepreneur : Bruno Léa, président du Groupe Performer (HAAS France, Espagne et Maghreb), implanté à Lyon et présent dans cinq pays (80 collaborateurs, CA : 50 M€).
Devenir la deuxième Grande école de commerce de Marseille
Son arrivée suit celle de Samir Ayoub, en mars 2024, au poste de directeur général. Elle coïncide avec de nouvelles ambitions : devenir la deuxième Grande école de management et de commerce de la ville – après Kedge Business School – et passer de 300 à 600 étudiants d’ici 2030. "On entend partout qu’à partir de 2028, le nombre de bacheliers va diminuer, mais on prend le contre-pied parce qu’on est dans une ville sous-dotée en matière d’enseignement privé supérieur", précise le directeur général.
Combler un déficit d’enseignement supérieur privé
À titre de comparaison, Lyon compte 8 écoles de commerce ou de management, membres de la Conférence des Grandes écoles, quand Marseille n’accueille que Kedge Business School et le campus délocalisé de l’Inseec. La seconde ville de France ne dispose par ailleurs d’aucune offre de Programme Grandes écoles post-bac en 5 ans, la plus proche étant proposée par l’ESSCA à Aix-en-Provence, alors que la capitale des Gaules en a plusieurs. Enfin, elle n’a qu’un seul groupe de recherche en sciences de gestion porté par une école de commerce privée, toujours Kedge Business School, quand Lyon en affiche là encore plusieurs.
Développer la recherche appliquée
Samir Ayoub œuvre donc à la mise en place d’un Programme Grandes écoles en 5 ans visé (en 2026-2027) puis gradé (en 2030) par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce qui passe par la construction d’un pôle de recherche. Depuis 2024, une dizaine d’enseignants-chercheurs ont été recrutés. "Notre volonté étant de faire de la recherche appliquée, utile aux entreprises et aux étudiants", précise-t-il.
Réaffirmer un ancrage territorial
Avant d’insister également sur l’importance de la participation au développement territorial, là aussi demandée par le ministère. Ce qui lui permet de mettre en avant les partenariats officialisés en 2024/2025 avec le réseau DCF (Dirigeants commerciaux de France) Marseille-Provence, la DFCG (association des directeurs financiers et contrôleurs de gestion) Provence et enfin le CJD (Centre des jeunes dirigeants) Marseille. Et d’évoquer les 130 professionnels du monde de l’entreprise qui enseignent à l’EMD. Et les 360 entreprises qui soutiennent l’école. Des entreprises qui accueillent des stagiaires, des alternants (70 % des étudiants) et vont parrainer des étudiants issus de quartiers prioritaires de Marseille à la prochaine rentrée. Elles prendront en charge leurs frais de scolarité et assureront une forme de tutorat.
60 % des diplômés restent en Paca
Cet ancrage a séduit Bruno Léa, autant que les valeurs de l’EMD Business School, qui ambitionne de former des "managers éthiques", en délivrant une formation humaniste. Avec ce leitmotiv : "Manager c’est servir". "C’est la seule école à avoir cette vision et son ADN, ce sont les chefs d’entreprise", insiste le nouveau président, qui se félicite que l’établissement "propose des formations qui débouchent sur des emplois, fasse de la recherche et soit ouvert sur son territoire."
60 % des étudiants vivent d’ailleurs en Paca. Et surtout, le même pourcentage de diplômés reste travailler dans la région alors que le taux d’insertion locale moyen, en France, est de 17 %.