Les syndicats de la Méridionale et de MCM (ex-SNCM), délégataires du service public maritime sur la Corse jusqu’en octobre 2016, empêchent depuis le 5 janvier 2016 par tous les moyens son accès au port.
La CFE-CGC dénonce une « provocation » de la part des deux candidats au rachat de la SNCM éconduits par le tribunal de commerce de Marseille. Corsica Linea, composée des membres du consortium Corsica Maritima auquel s’est associé Daniel Berrebi, ayant affrété un navire sous «
pavillon étranger sans navigant français à bord, le jour même du démarrage de la nouvelle compagnie MCM », précise le CFE-CGC.
Face à cette situation d’extrême tension qui menace la paix sociale retrouvée depuis la réforme portuaire, l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône et la ville de Marseille réclament la tenue d’une réunion de crise, à Marseille ou en Corse, réunissant l’ensemble des acteurs des deux rives. «
Nos entreprises ne survivront pas à une énième crise, alors même que le port de Marseille retrouve une dynamique positive. Notre avenir et notre développement ne peuvent s’appréhender de manière disjointe avec la problématique insulaire », a affirmé Johan Bencivenga, Président de l’UPE 13.
«
Le gouvernement se trouve pris dans un piège dont il ne pourra sortir que par la négociation : non respect de la loi par manque d’autorité ou conflit social aggravé. Son devoir est en effet de faire respecter la loi et de mettre tout en œuvre pour assurer la libre circulation des navires dans le port de Marseille. Car d'un point de vue purement légal, rien ne s'oppose à l'entrée du Stena Carrier dans le port sous réserve d'avoir respecté toutes les prescriptions imposées par l'Office des Transports Corse. Mais ce faisant, le gouvernement rendrait inapplicable le jugement du Tribunal de Commerce de Marseille puisque la MCM se trouverait dès le départ fragilisée par une concurrence remettant en cause l'économie même de cette délégation de service. Avec le risque de provoquer un nouveau problème social de plus grande envergure, concernant non seulement la nouvelle compagnie mais aussi la Méridionale », a déclaré jeudi 7 janvier, Roland Blum adjoint au maire de Marseille.
Le 8 janvier 2015, le roulier Stena Carrier affrété par Corsica Linea stationnait toujours en rade de Marseille pour la quatrième journée consécutive alors qu’au même moment le tribunal de Grande Instance et le tribunal administratif étaient saisis par le consortium d’entrepreneurs corses pour entrave à la circulation maritime. Corsica Linea aurait réclamé à la CGT des marins une indemnité journalière de plusieurs milliers d’euros par jour de blocage du navire.