La première convention de coopération décentralisée entre les communautés urbaines de Lyon et de Rabat date de 2002. Elle portait sur le transfert d'expériences et du savoir-faire lyonnais en matière de transports et de déplacements urbains. La nouvelle convention, engagée pour 2009-2011, va plus loin: outre les transports, elle concerne le développement économique, l'éclairage public et le développement durable. «La ville de Rabat connaît des problématiques de développement urbain proches de celles que nous avons à Lyon», a expliqué Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon. Tout en soulignant des différences de proportion: là où l'on aménage 150ha au Confluent, le programme de la vallée du Bouregreg, entre les villes de Rabat et Salé, s'étend sur 6.000ha... Ce gigantesque chantier prévoit des aménagements hydrauliques et portuaires, une cité des arts et métiers, des espaces de loisirs et promenade, un quartier d'affaires, des équipements touristiques et commerciaux... De même, le parc Technopolis, en construction à quelques kilomètres de la capitale du royaume, n'a rien de comparable avec les zones d'activité françaises: le projet de "cité de la technologie" est prévu sur 300ha. Il a vocation à accueillir des activités de offshoring, multimédia, technologies avancées et de la recherche (universités, R & D, incubateur et pépinière d'entreprises). Une première tranche de 107ha est lancée. Reste à trouver les occupants...
Libre-échange
Les programmes d'investissement marocains sont aujourd'hui souvent soutenus par des capitaux étrangers, en provenance des Émirats et de Dubaï. Le pays, qui a lancé des plans de développement ambitieux, a mis en place une politique favorable à l'arrivée des investisseurs étrangers. Disposant d'un statut de négociation avancé avec l'Union européenne, il a déjà signé de nombreux accords de libre-échange, qui lui donnent accès, sans droit de douane, à 1milliard de consommateurs. «Les entreprises peuvent venir et participer avec nous à ces grands chantiers. L'investissement public en 2009 sera de 12 Md€, en croissance de 15% par rapport à 2008, a déclaré le ministre de l'Industrie, Ahmed Reda Chami, lors d'une journée de conférence économique. Les entreprises lyonnaises peuvent venir pour travailler, fournir des services au marché local ou au reste du monde.» Les acteurs économiques ont rappelé qu'en dehors de l'effet de la baisse de la demande mondiale, le Maroc devrait être relativement épargné par la crise car son système bancaire, très réglementé, n'avait pas de produits toxiques, et l'économie est assez diversifiée. Services aux entreprises, ingénierie, environnement... la trentaine d'entreprises lyonnaises est venue avec une palette de spécialités dans ses bagages. Pour les unes, il s'agissait d'une première approche d'un marché qui leur semble porteur et accessible, de par sa proximité géographique et linguistique. Pour les autres, c'était l'occasion d'aller plus loin dans leur développement local en nouant de nouveaux contacts dans un pays où le temps, le réseau, la mise en confiance sont des éléments essentiels.
Contacts: www.grandlyon.com; www.missioneco.org/maroc; www.rabatinvest.ma
À l'occasion de la signature d'une convention de coopération décentralisée entre les communautés urbaines de Lyon et de Rabat, au Maroc, une délégation d'entreprises lyonnaises s'est rendue à Rabat, du 16 au 19décembre dernier. À l'invitation du Grand Lyon, le Journal des entreprises a accompagné ces entreprises venues prospecter et renforcer leurs liens avec des partenaires locaux.
Claire Pourprix