Avec ses 15 salariés et ses 2millions d'euros de chiffre d'affaires par an, la petite société quimpéroise Marinelec a réussi à se faire remarquer au salon Euronaval, organisé au Bourget près de Paris du 22 au 26 octobre et où exposent des mastodontes comme DCNS ou Thales. Et pour cause, elle a reçu le 23 octobre des mains du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le prix de l'innovation du salon pour son nouveau produit, le «Power Line Communication».
Alléger le poids des câbles sur un bateau
Ce système permet d'alléger en câbles les colonnes lumineuses d'informations que l'on trouve sur les bateaux. « Un navire peut compter jusqu'à 30 colonnes, rappelle Pascal Citeau, qui a racheté Marinelec en 1997. Jusqu'à présent, on installait un câble pour l'alimentation électrique de la colonne et des fils pour raccorder chacune des diodes qui éclairent les pictogrammes ». Le système de Marinelec permet de n'utiliser qu'un seul câble pour tous ces raccordements grâce au courant porteur en ligne, soit une baisse du poids des câbles jusqu'à 60%. «Cela permet de réduire les coûts pour l'armateur puisque les câbles coûtent chers mais aussi parce que du poids en moins, c'est moins de consommation d'énergie », ajoute l'heureux P-dg. Présent au salon sur le stand commun du Pôle Mer Bretagne et de Bretagne Pôle naval, Pascal Citeau espère convaincre des clients potentiels grâce à son produit primé. «L'acceuil est très bon, assure-t-il. Déjà, lorsque nous avions proposé à un de nos clients d'installer un prototype sur son bateau début 2012, il a accepté tout de suite. C'est un produit qui répond à un réel besoin».
«On a tous faim»
Aujourd'hui Marinelec travaille pour l'industrie navale militaire mais surtout civile, qui représente environ 80% de son chiffre d'affaires. Deux secteurs en difficulté : le premier souffre sur le marché intérieur de restrictions budgétaires, le deuxième doit faire face à la crise. «D'où la nécessité d'innover, insiste Pascal Citeau. Toutes les PME comme nous sont dans la même situation en ce moment : on a tous faim, c'est pour cela qu'il faut se différencier.» Pour Pierrick Massiot, président de la Région, présent sur le salon le 23 octobre, l'innovation est «la réponse» que doivent apporter les entreprises bretonnes aux difficultés du secteur de la défense, qui «représente 12.000 emplois en Bretagne», rappelle-t-il. «Il faut donner un avenir à cette filière», insiste-t-il, démontrant que la Bretagne a une carte à jouer dans les grands enjeux de demain : «La protection et l'exploitation de la mer.» «La France est très bien placée dans l'industrie navale», souligne par ailleurs Patrick Poupon, directeur du Pôle Mer. Selon lui, les entreprises bretonnes doivent mettrent leurs compétences en avant pour aller chercher les marchés à l'export. Une stratégie qu'a bien compris une autre entreprise primée lors d'Euronaval, IxBlue, dont l'un des sites est situé à Brest: la société (450 salariés, 100M€ de CA), basée à Marly-Le-Roi (78), spécialisée dans les systèmes de navigation, l'imagerie et l'acoustique sous-marine, a reçu un prix récompensant l'export, qui représente 80% de l'activité d'IxBlue. Pascal Citeau espère que son prix lui permettra d'augmenter son chiffre d'affaires réalisé à l'étranger (aujourd'hui de 30%). «Ce n'est pas facile pour une petite entreprise d'accéder aux marchés sur de grands chantiers à l'étranger, regrette?t-il. Ce prix va nous ouvrir des portes». Jamais à court d'idées, le chef d'entreprise est déjà en train de travailler à sa prochaine innovation :Saphir, qui permettra de relier les système d'alarme entre eux grâce à une technologie sans fil. «Le produit devrait sortir d'ici juin 2013», avance le patron.
MARINELEC
(Quimper) Dirigeant : Pascal Citeau 15 salariés 2 millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 52 16 44