Marché d'intérêt national Les grossistes sont inquiets

Marché d'intérêt national Les grossistes sont inquiets

En apparence, rien n'a changé. Même va-et-vient des camions au petit jour, mêmes palettes de marchandises et même brouhaha dans les allées. En tendant l'oreille pourtant, les conversations diffèrent. L'appréhension grandit. «Mon sommeil est agité en ce moment, confesse Jacques Graziolo, président de l'association des usagers du MIN. Nous sommes tous très inquiets.» Depuis le 1er janvier, le marché d'intérêt national a officiellement changé de gestionnaire. Conformément au souhait de Christian Estrosi, la Sominice (société d'économie mixte), qui pilotait les lieux jusqu'alors, a cédé sa place à une régie de Nice Côte d'Azur. «Cette évolution était nécessaire, affirme Alain Philip, désormais président du conseil d'exploitation de la régie autonome du MIN. Aujourd'hui, le contexte n'est plus le même que dans les années 60. Nous devons actualiser le fonctionnement de la structure et préparer l'avenir.» En ligne de mire : le transfert du MIN à La Gaude en 2015. Un déménagement que Joseph Calza ne supervisera pas.




Passation de pouvoir

En dressant le bilan de ses dix années à la tête de la Sominice, en décembre dernier, le conseiller général a annoncé sa décision de se retirer. «Je suis formaté pour gérer le MIN d'une certaine manière. On m'a proposé de continuer, mais je ne suis pas accroché à un titre honorifique. Quand on change de mode de gestion, il faut changer d'équipe», a-t-il déclaré. Chez les usagers, ce départ sonne comme un motif d'inquiétude supplémentaire. Depuis sa nomination en 2001, Joseph Calza a donné une nouvelle impulsion au marché d'intérêt national. Le chiffre d'affaires a augmenté de 25% (450M€), le nombre de clients a été multiplié par trois et l'image des lieux s'est trouvée valorisée par la création de l'opération «MIN en fête» (110.000 visiteurs en 2010). «Le bilan de Joseph Calza est très positif. Il a fait énormément pour nous. Avec lui, nos redevances ont notamment baissé de 6%.» Un acquis que les usagers du MIN sont bien décidés à conserver.




Négociations en cours

Après 45 années passées au MIN de Nice, Jacques Graziolo avoue qu'il aimerait avoir plus de certitudes quant à l'avenir. La communauté urbaine répond que tout sera fait dans la transparence. «Nous allons dresser un état des lieux en partenariat avec les usagers et les entreprises, explique Alain Philip. Nous déciderons ensemble des grandes orientations à suivre et des moyens à mettre en place pour faciliter le transfert du MIN sur les terrains de La Baronne.» Le conseil d'exploitation, désormais composé de treize membres, devrait selon son nouveau président «simplifier le fonctionnement et permettre d'optimiser les activités du MIN, qui sont fondamentales pour le département et la région.» De leur côté, les grossistes ont décidé de se laisser le temps de la réflexion. «Des discussions sont en cours, précisent-ils. Nous essayons de défendre nos intérêts. On ne dit rien pour l'instant, mais ça ne veut pas dire que nous continuerons à nous taire si nous sommes écartés.»