Marché de la formation Un secteur toujours aussi attractif
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Marché de la formation Un secteur toujours aussi attractif

En forte évolution depuis une vingtaine d'années, le marché de la formation pèse quelque sept milliards d'euros. De quoi susciter des vocations. Preuve en est: une multiplicité d'intervenants, que toute comptabilité relève d'ailleurs de la gageure.

Selon des chiffres publiés en juillet2010 par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère de l'Emploi et de la cohésion sociale, le chiffre d'affaires du secteur s'élevait en 2008 - c'est-à-dire avant la crise - à 6,9milliards d'euros, en hausse de 6,2% (+7,3% en 2007). La Dares soulignait par ailleurs que la «concentration de l'activité restait très forte», 3% des prestataires dépassant trois millions d'euros de chiffre d'affaires et réalisant ainsi 47% du chiffre d'affaires global du secteur.




«Réactif et novateur»

«C'est un secteur extraordinairement réactif, novateur qui couvre tous les champs de l'activité économique», se félicite Marie-Christine Soroko, déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle. Une organisation qui regroupe quelque 400 adhérents sur une profession comptant plus de 15.000 acteurs (seulement 9.000 à titre d'activité principale). L'allégement des contraintes administratives a aussi joué en faveur de ce dynamisme. Si le secteur reste très réglementé, les contraintes lourdes et rigides ont laissé place à une plus grande liberté pour répondre aux attentes du marché, avec une demande croissante d'individualisation des formations.




«La révolution est en marche»

Ce marché évolue lui-même considérablement, tant dans les contenus que dans la présentation. «L'acte de formation, c'est-à-dire le face-à-face pédagogique, se réduit par rapport à ce qui se situe en amont et en aval», explique Marie-Christine Soroko. Les phases d'élaboration de l'ingénierie pédagogique sont aujourd'hui plus longues, de même que le temps de l'évaluation «qui n'est pas encore assez développé.» Les TIC révolutionnent les métiers et le phénomène n'en est qu'à ses débuts. E-learning, blended-learning (associant présentiel et formation à distance) sont déjà largement répandus. «La révolution est en marche, se réjouit Marie-Christine Soroko. Il est aujourd'hui de plus en plus question de réseaux, de groupes collaboratifs, de classes virtuelles. Le formateur devient plus un médiateur, un "facilitateur", qu'un sachant. Beaucoup d'expérimentations sont en cours.»




Quelle place pour le low cost?

Problème: la mise en place de ces nouveaux procédés coûte «horriblement cher» avec des modèles économiques qui peinent à trouver leur équilibre. Dans le même temps, l'offre low cost explose, un phénomène observé avec circonspection par Marie-Christine Soroko. «Il est actuellement très difficile d'avoir une position tranchée sur ce sujet, admet-elle. Le low cost peut répondre à des cas très précis mais il faut faire preuve d'une grande prudence: le rôle de l'accompagnement tient une place importante dans une formation de qualité. Nous travaillons sous la contrainte de l'humain. Et cela a forcément une traduction en terme de coûts.»

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