«La preuve qu'on a changé: il y a encore un an, je n'aurai jamais reçu un journaliste pour expliquer ce que je fais dans mon entreprise. Je n'en voyais vraiment pas l'utilité!» C'est par une boutade que Denis Malosse illustre la transformation qui s'est opérée en quelques mois dans cette petite entreprise de découpage/emboutissage. Pardon, dans cette petite entreprise «apporteuse de solutions dans la transformation des métaux en feuille» comme communique, aujourd'hui, son patron. «Le terme traditionnel de découpeur/emboutisseur n'était pas vraiment adapté à notre activité car nous sommes spécialisés dans les très petites séries et les pièces complexes», justifie le patron. Confrontée à une image vieillissante et plus adaptée aux exigences du marché, Malosse a revu entièrement son positionnement. Une stratégie payante puisque le chiffre d'affaires a grimpé de 260.000euros à 300.000euros cette année.
Programme stratégie PME
«L'entreprise a été créée en 1946 par ma grand-mère. Mon père en a pris la direction en 1984 et moi, en 2001. Mais je n'ai que 5% des parts. J'avais envie depuis longtemps d'être actionnaire majoritaire. Pour cela, il fallait que je réfléchisse vraiment à l'avenir de la société», raconte, sans détour l'actuel dirigeant de Malosse. «J'avais toujours le nez dans le guidon, je ne prenais pas le temps de me poser et de réfléchir. Alors, j'ai décidé de suivre le programme Stratégie PME de la Région, de mars à septembre dernier. Cela nous a poussés à vraiment nous remettre en question». Première étape: la manière de se présenter, plus moderne, plus accrocheuse, plus percutante. Deuxième étape, la prospection clients. «On a fait une petite étude sur nos clients existants. Peu d'entre eux connaissaient notre champ de compétences. Résultat, ils ne nous confiaient qu'une petite partie de ce qu'on aurait pu avoir s'ils avaient mieux perçu nos activités». Depuis quelques mois, David Malosse s'est donc attaché à prendre son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole. «On a réussi à prendre des marchés supplémentaires simplement en se présentant. Cette action passe très bien au niveau des clients car cela montre qu'on se remet en question». Le dirigeant de l'entreprise a également entrepris une démarche de prospection plus large. «Jusqu'ici, nous prospections assez peu. Par le bouche à oreilles, le travail tombait assez facilement. Cela ne suffit plus aujourd'hui...». Cette démarche porte d'ores et déjà ses fruits puisque le chiffre d'affaires enregistre une progression de l'ordre de 15% en 2012. «Toute cette réflexion sur l'avenir de la société m'a permis de faire sauter pleins de petits cadenas dans ma tête. Aujourd'hui, je sais où je vais». Une posture qui a séduit sa famille puisqu'il doit devenir actionnaire unique dans les prochaines semaines. Un point noir au tableau néanmoins, ces réflexions n'auront pas permis de sauver Beop, TPE d'outillage de presse de Saint-Chamond, orientée industrie automobile. Reprise en 2011 par David Malosse, elle a été placée en liquidation judiciaire en octobre dernier. 5 salariés ont été licenciés.
Malosse
(L'Horme) Dirigeant: David Malosse Effectif: 5 salariés CA 2011: 260.000euros 04 77 29 46 44