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Magma Seaweed veut créer la première ferme algocole de Normandie
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Magma Seaweed veut créer la première ferme algocole de Normandie

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Start-up normande dédiée à la culture à terre de macroalgues, Magma Seaweed fondée par la caennaise Sophie Perdriel, vient de récolter près de 10 000 euros grâce à une campagne de crowfunding. Cette première étape de financement permettra à la dirigeante de lancer les premiers tests de production d’algues et créer, à terme, la première ferme algocole de Normandie.

Sophie Perdriel ambitionne de créer la première ferme algocole de Normandie. Celle-ci devrait voir le jour à l'horizon 2027 dans le Bessin normand — Photo : Ville de Caen -M.Bouvier

Après plusieurs années passées à travailler à l’étranger, Sophie Perdriel, fille et petite-fille d’ostréiculteurs normands, a décidé de revenir en Normandie pour créer en novembre 2023, MAGMA (Macro algae Made with Amour), une start-up spécialisée dans la culture des macroalgues en bassins sur le littoral normand. Son ambition ? Créer la première ferme algocole de Normandie à l’horizon 2027.

Premiers tests de production en avril

"Nous y cultiverons des algues dans des bassins à terre. Les bassins peuvent être, soit dédiés à la culture d’algues, ou déjà existants comme chez les conchyliculteurs", explique Sophie Perdriel. "Dans un premier temps, nos cultures se concentreront sur deux espèces riches en nutriments et prisées par l’industrie agroalimentaire et cosmétique : la laitue de mer, une algue verte qui vit généralement fixée au fond de la mer sur la partie la plus haute du littoral et la dulse, une algue rouge qui vit fixée sur les rochers ou sur d’autres espèces d’algues. Par la suite, l’entreprise produira d’autres espèces, dont l’algue Nori très utilisée dans la cuisine asiatique."

"Ce premier financement va permettre à la société de lancer les premiers tests de production dans des bassins conchylicoles au printemps 2025"

Pour lancer sa première phase d'études, la start-up a lancé une campagne de crowfundig sur la plateforme miimosa. "L’objectif a été atteint. Nous avons récolté 9 200 euros. Ce premier financement va permettre à la société de lancer les premiers tests de production dans des bassins conchylicoles au printemps 2025", se félicite la fondatrice. "La création de la ferme prendra environ deux ans, en raison des études d’impact et environnementales requises pour l’implantation."

Actuellement en phase de Recherche et Développement, la start-up est hébergée dans un centre technique dans la Manche. La ferme, qui devrait être située dans le Bessin (Calvados), en bord de mer, sera composée de nombreux bassins de production à l’extérieur et d’un bâtiment comptant un laboratoire, une écloserie, un espace bureau… "Nous avons besoin au minimum de deux hectares pour avoir une activité rentable, mais je mise sur davantage de surfaces pour pouvoir étendre mon activité au fur et à mesure de mon développement."

Au commencement de l’activité, une dizaine de salariés seront recrutés à des postes techniques pour travailler sur toute la chaine de production jusqu’à la transformation du produit.

Au global, le projet est estimé à plusieurs millions d’euros : achat du terrain, construction de la ferme, R & D, équipements nécessaires à la culture d’algues en bassins conchylicoles (soufflante, bullage, sondes…). La start-up lèvera de nouveaux fonds d’ici la fin de l’année pour financer le projet dans sa globalité.

Destinées à l’agroalimentaire et à la cosmétique

Sophie Perdriel: "Nous allons lancer les premiers tests de production dans des bassins conchylicoles au printemps 2025." — Photo : Sophie Perdriel

Les algues récoltées seront destinées au marché de l’alimentation humaine et nutraceutique. "Notre ferme doit être capable d’assurer une récurrence dans la qualité et la standardisation de nos cultures d’algues, et ce, afin d’intéresser le monde industriel et leur assurer ainsi un approvisionnement fiable. Nous pourrons même à terme collaborer avec des entreprises pour cultiver des espèces d’algues sur mesure répondant à leurs besoins spécifiques" confirme la fondatrice.

Magma est aussi membre de l’association Normandie Filière Algues créée en 2024, et ambitionne, à l’instar des autres adhérents, de contribuer à l’expansion de l’industrie des algues marines en fournissant une alternative à la récolte en mer.

Un marché dominé par l’Asie

La production mondiale d’algues a connu un essor récent au cours des dernières décennies avec la popularisation de la gastronomie japonaise. Ce marché est majoritairement dominé par l’Asie avec des pays comme la Chine ou l’Indonésie produisant chacun plus de 10 millions de tonnes d’algues fraîches. En comparaison, la production européenne représente moins d’1 % de la production mondiale, dont une grande majorité provient de la récolte sauvage de macroalgues. Mais la France, forte de ses nombreux littoraux, de sa diversité halieutique, a sa carte à jouer. Elle se positionne désormais comme l’une des grandes nations algales de ce siècle : elle est le premier producteur d’algues de l’Union européenne, avec un volume annuel variant entre 60 000 et 70 000 tonnes, constitué presque uniquement de macro-algues issues en majorité de la récolte d’algues sauvages dans le milieu naturel, en mer ou sur le rivage.

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