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hausse de la TVA sur le livre de 5,5% à 7%, prévue dès la fin mars, présente-t-elle un vrai risque pour l'Édition?
Sur un marché difficile avec une fragilité extrême des intervenants, tout ce que l'on rajoute comme contraintes est susceptible de faire basculer dans le rouge les entreprises. Mais, une fois la décision prise, il faut faire en sorte que les conséquences soient les moins graves poss
ible. Pour cela, il faut que les éditeurs augmentent le prix des livres! Si la TVA augmente mais pas le prix du livre, le libraire prend sur sa marge et ça, ce n'est pas possible. Pour les consommateurs, cela se traduira par une augmentation de 15 à 30 centimes par livre.
Vous avez réussi à négocier un délai avec l'État...
Il était impossible d'effectuer les changements de prix et les modifications informatiques pour janvier: personne n'était prêt! Le report à la fin mars permet d'organiser la filière et aux éditeurs de revoir leurs prix de vente. L'objectif est que l'impact sur les libraires soit le plus faible possible. Tout cela a suscité un fort émoi parmi les libraires, la mesure a joué le rôle de révélateur d'une profession fragile.
Quel est l'objet de la mission ministérielle à laquelle vous participez?
S'interroger sur les mesures à mettre en place pour redonner des marges de manoeuvre à la librairie.
Trouver des solutions concrètes et applicables rapidement. C'est pourquoi deux hauts fonctionnaires nous accompagnent, représentants du Conseil d'État et du Ministère des Finances, afin qu'ils puissent évaluer la faisabilité de nos propositions. J'y vois la volonté du ministre Frédéric Mitterrand de trouver des solutions. La commission doit rendre ses propositions fin mars.
Vous relancez le site «1001libraires.com» après des débuts difficiles...
C'est un autre maillon de la chaîne. Les libraires ne peuvent pas se passer de services sur le Net mais comme ils n'ont pas les moyens de le faire individuellement, nous devons leur offrir une solution collective viable, proche de ce qu'offrent les grands sites spécialisés: pour ne pas perdre nos clients et nos parts de marché. Après les difficultés du départ, un nouvel opérateur, Gibert Joseph, propose une solution plus opérationnelle. Une fois bouclé le tour de table pour trouver les financements, j'espère ouvrir en septembre.
Entretien Sébastien Colle
www.1001libraires.com
Édition. Le patron de la librairie l'Armitière à Rouen, président du Syndicat de la librairie française (SLF), revient sur la hausse de la TVA et les problématiques du livre.