Lyon : Aux Jéco, Pierre Moscovici commente le pacte de compétitivité

Lyon : Aux Jéco, Pierre Moscovici commente le pacte de compétitivité

Le ministre de l'Economie et des Finances a profité de sa participation ce jeudi 8 novembre à la grande conférence « Peut-on prévoir les ruptures et les crises ? » lors des Journées de l'économie (Jéco) de Lyon, pour commenter et argumenter le travail du gouvernement.

Selon Pierre Moscovici, « il est impossible de prévoir une crise mais en revanche on peut interpréter les changements qu'elles portent ». Deux ruptures majeures sont nécessaires à ses yeux : la résolution de la crise de la dette bancaire et de la dette souveraine qui a déstabilisé la zone euro d'une part ; l'enrayement de la baisse de la compétitivité en France d'autre part.

Concernant le premier point, il a lancé « un message d'espoir » pour l'Europe. « Je crois que le pire est passé, ce qui ne veut pas dire que la crise est finie. Mais on commence à regarder l'Europe comme un territoire d'investissement, d'avenir. » Confiant dans la capacité de la France à ramener son déficit de 5 à 3 % du PIB en un an, afin de garantir la « qualité de signature » du pays, il résume à trois priorités les changements à opérer. Retrouver un équilibre structurel des finances publiques à la fin du mandat, inverser la courbe de la dette dès 2014, partager l'effort de redressement entre la baisse des dépenses publiques et l'augmentation des recettes.

En matière de compétitivité, Pierre Moscovici a souligné que les mesures prises par le gouvernement en début de semaine constituent bien un « pacte » et non un « choc ». Mesure phare du dispositif, les 20 milliards d'euros de crédits d'impôt octroyés aux entreprises visent, dès 2013, « à créer des décisions d'investissement et d'embauche avec une baisse de 6 % du coût du travail. C'est un mécanisme simple, que les entreprises connaissent bien avec le crédit impôt recherche ».

Le ministre a par ailleurs rappelé que le pacte de compétitivité repose sur le « principe gagnant/gagnant », sous-entendant que les entreprises seront redevables des efforts consentis par l'Etat. Les entreprises devront ainsi s'engager sur le civisme fiscal (un grand plan de lutte contre la fraude va être mis en place), la gouvernance des salariés, un code de bonne conduite de la rémunération des dirigeants, l'investissement et l'emploi.

« Les 35 mesures du pacte ont un objectif : favoriser la montée en gamme de l'industrie, lever les obstacles à l'innovation, au financement avec la Banque publique d'investissement effective au 1er janvier », a résumé le ministre, tout en insistant sur l'effort collectif nécessaire à sa réalisation.