Jeux vidéos
« Notre grande région devient la 2e région de France en nombre d'entreprises dans le secteur du jeu vidéo », assure Laurent Michaud, en charge des loisirs numériques à l'IDATE, think tank montpelliérain spécialisé dans l'économie numérique. À l'origine, deux phénomènes conjugés : une ville dont un quart de la population est étudiante, et l'installation d'Ubisoft au début des années 90. Résultats : une douzaine de structures de formation aux métiers de l'image numérique, dont 7 à 8 sur les jeux vidéos, et 90 entreprises qui font des jeux vidéos. Aux côtés d'Ubisoft qui emploie 280 salariés aujourd'hui à Montpellier, de nombreuses PME et start-up (Wild Sheep, Scimob, Feerik Games, etc.). « Depuis trois ans, le centre de gravité du tissu économique de ce secteur se déplace vers les structures indépendantes », souligne Laurent Michaud, par ailleurs co-fondateur et trésorier de Push Start, association créée l'an dernier pour fédérer les acteurs du jeu vidéo (100 adhérents).
Démantèlement nucléaire
Un vaste marché qui pèse 200 milliards d'euros dans le monde. En France, une estimation de 32 milliards d'euros est donnée pour le démantèlement de ses sites nucléaires (125 installations en tout). « Il y a des perspectives , observe Philippe Patitucci, chargé de mission chez Areva et président de l'UIMM Gard-Lozère. Tout dépend de la rapidité avec laquelle on va pouvoir avancer. Mais en matière de nucléaire, la France dispose d'une compétence reconnue. Areva maîtrise ces techniques. » La plateforme PVSI basée sur le site de Marcoule (Gard) témoigne du dynamisme de la région dans ce domaine : ce Pôle de Valorisation des Sites Industriels organisait les 15 et 16 décembre derniers la troisième édition des Assises du démantèlement. L'innovation était au coeur des débats. PVSI est né des compétences réunies, en Gard rhodanien, autour des chantiers majeurs du site nucléaire de Marcoule : une quinzaine d'hectares où les grands du nucléaire (CEA, Areva ou EDF) côtoient aussi des bureaux d'études, des start-up (comme l'éditeur de logiciels spécialisés Oreka Solutions), des PME, des projets collaboratifs, des centres de recherche, des centres de formation (avec un master 2 sur ce sujet unique en France)...
Quelles synergies possibles avec les savoir-faire industriels et tertiaires autour de l'aéronautique propres à la Haute-Garonne ? Dans les domaines de la robotique, de l'optique (pour des capteurs) et d'autres domaines de l'industrie de la 4e génération, mais aussi dans les métiers de la mécanique, explique Philippe Patitucci. Agnès Tixier, directrice générale d'Invest Sud de France (agence de développement du Languedoc-Roussillon) voit d'autres débouchés possibles : « La déconstruction du non-nucléaire peut aussi intéresser ces entreprises. Les professionnels des métaux, du traitement des métaux ou de l'hydrométallurgie ont des choses à faire dans cette activité. »
Diagnostic médical
En Languedoc-Roussillon, on compte 54 sociétés au coeur du métier du diagnostic médical, 1.546 salariés, et une forte croissance des PME de moins de 50 salariés (+30 %). « Nous avons toute la chaîne du diagnostic médical, des biomarqueurs aux machines qui les analysent, avec une forte concentration des entreprises à Montpellier », analyse Emilie Royere, directrice générale d'Eurobiomed, pôle de compétitivité santé sur LR et PACA au sein duquel un groupe de travail s'est d'ailleurs constitué sur ce domaine (Euromediag). On compte des groupes comme Sanofi, Virbac, Thermo Fisher Scientific, IDEXX Laboratories, Cisbio et Horiba ; des PME comme Kyomed, Alcediag ou Acobiom, mais aussi un vaste réseau de laboratoires et de cliniques qui s'est structuré autour du projet IBDLR (Initiative pour les Biomarqueurs et le Diagnostic en Languedoc-Roussillon). Ce projet prévoit l'équipement des plates-formes technologiques du pôle BioSanté Rabelais de Montpellier.
« Une bonne complémentarité avec Toulouse », résume Emilie Royere.
Construction navale
La filière nautique est une inconnue pour la région Midi-Pyrénées. Pourtant, il y a de quoi se tourner vers ce secteur qui fera partie maintenant des secteurs clés de la grande région (plus de 10.600 bateaux vendus chaque année et 105.000 bateaux immatriculés) : « L'allégement des structures et la e-maintenance sont les deux domaines sur lesquels nous voulons attirer les entreprises » explique Pierre-François Alexis, en charge du développement des entreprises à la CCI de Montpellier et spécialiste de la filière nautique sur le Languedoc-Roussillon. Le marché des bateaux de plaisance reprend aujourd'hui avec notamment les catamarans haut de gamme de croisière, qui pourraient devenir une des spécialités de la région avec la présence des chantiers Outremer, Catamar et Swiss Catamaran. Les perspectives sont aussi bonnes pour les bateaux professionnels avec une commande récente de deux chalutiers et un thonier pour le chantier Martinez à Saint-Cyprien. Le développement des programmes d'éolien flottant va aussi générer de nouvelles activités. Pierre-François Alexis prévoit dès cette année un rapprochement avec les pôles d'activité et les CRITT (notamment le collage à Tarbes et les composites à Toulouse) de Midi-Pyrénées.
Oenotourisme
Avec ses 15 millions de touristes accueillis chaque année, le Languedoc-Roussillon est la 4e région d'accueil touristique en France. Le soleil et les plages sont les attraits majeurs de cette zone géographique mais ce sont des atouts saisonniers : « Nous avons cherché des solutions pour désaisonnaliser cette activité et nous nous sommes tournés vers l'oenotourisme, devenu inaccessible en région PACA » développe Pascal Ehrhardt, directeur général adjoint de Invest Sud de France. « Chez nous, vous pouvez acheter un château avec 130 hectares de viticulture pour 4 millions d'euros ». Pascal Ehrhardt invite les investisseurs étrangers à transformer ces propriétés en maison d'hôte. Un budget global estimé à 7-8 millions et un marché prometteur : 90 % des investisseurs pour ce genre d'activité sont étrangers. Le soutien de la LRTI (Languedoc Roussillon Tourism Invest) y est sans doute pour quelque chose. Le Château Les Carasses tenu par Laurent Monfils et Karl O Hanlon est une parfaite illustration de ce business florissant.
La région LRMP se retrouve placée dans les premiers rangs sur des secteurs comme l'agroalimentaire, la recherche, le tourisme, l'aéronautique... Quoi de vraiment nouveau pour les Toulousains ? Voici cinq marchés de niche propres au Languedoc-Roussillon et prometteurs.