« Ce dispositif ne va pas tout résoudre. Mais il va inverser la logique. Auparavant, c’est le jeune qui faisait les démarches pour trouver un emploi ou un stage. Désormais, ce sont les entreprises qui vont devoir aller chercher des jeunes pour remplir le contrat. Car à la clé, il y a des exonérations », a détaillé Thierry Repentin, qui a précisé que le projet de loi serait présenté par le ministre du Travail, Michel Sapin, à la fin de l’année 2012, pour un vote qui pourrait avoir lieu au cours des deux premiers mois de l’année. Se faisant pédagogue, Thierry Repentin a rappelé que le principe du contrat de génération se voulait « simple » : « L’objectif est d’inciter les entreprises à ne pas se séparer de salariés âgés qualifiés tout en faisant rentrer des jeunes dans le monde du travail ».
Au-delà de 300 salariés : négocier de façon collective
Si le contrat de génération concerne bien toutes les entreprises de France, le gouvernement n’a pas pu empêcher la création d’un nouvel effet de seuil : en effet, au-delà de 300 salariés, une entreprise se verra contrainte de négocier de manière collective autour de ce nouveau dispositif. Balayant les remarques d’un revers de main, le ministre a estimé que les entreprises de cette taille ont « l’habitude du dialogue social ».
Moins de 300 salariés : allégement des charges sociales
Pour les entreprises de moins de 300 salariés, la signature d’un contrat de génération débouchera sur l’allégement des charges sociales sur les deux salaires ainsi que d’une prime « de l’ordre de 2.000 € annuel par emploi ».
Si l’architecture de la mesure semble aujourd’hui bien arrêtée, le ministre s’est montré beaucoup plus flou sur les publics concernés. Les jeunes devront bien avoir de 16 à 25 ans, mais ne seront « pas forcément diplômés ». Quant aux seniors, ils pourront être impliqués dans le dispositif « à partir de 55 ans. Mais ce n’est pas encore défini ».
« Objectif : 500.000 emplois »
Enfin, Thierry Repentin souhaite voir déboucher ces contrats essentiellement sur des CDI. « Notre objectif est de créer 500.000 emplois », a précisé le ministre. Décrivant le contrat de génération comme « la deuxième pièce du puzzle », à côté des emplois d’avenir, Thierry Repentin a levé un coin du voile sur la « troisième pièce » : la sécurisation des parcours professionnels. « Il faudra réorienter des crédits et l’action des organismes collecteurs », a expliqué le ministre.
En marge de l’université d’été de la Fondation des régions européennes pour la recherche en éducation et formation (FREREF), qui se tenait à Metz le 5 septembre, le ministre délégué auprès du ministre du Travail, chargé de la formation professionnelle et de l’apprentissage, Thierry Repentin, a estimé que le contrat de génération allait inciter les entreprises à devenir « proactives ».