Ce petit bi-turbopropulseur, présenté comme la « Logan des airs», devait être fabriqué à Chambley, sur une ancienne base militaire. Les besoins en financements du projet piloté par Serge Bitboul n'ont pas cessé d'augmenter, pour atteindre 306 M€ selon un rapport commandité par le FSI.
Actuellement, Sky Aicraft emploie 173 personnes au sein de ce qui ressemble à un vaste bureau d'étude installé dans des préfabriqués. D'après les déclarations de Serge Bitboul, le nombre de commandes fermes s'établit aujourd'hui à 36.
En juillet dernier, le gouvernement a promis d'injecter 60 M€ dans le projet, pour une moitié via le FSI, pour l'autre via le Grand emprunt pour les investissement d'avenir. Promesse assortie d'une condition : Sky Aircraft doit trouver un partenaire industriel. Le dossier est en effet largement adossé à des fonds publics.
« Le dossier n'est pas enterré »
Sortant de son silence, le président de la Région lorraine, Jean-Pierre Masseret a tenu une conférence de presse pour affirmer que « le dossier n'est pas enterré». Concernant la pertinence du projet Skylander, Jean-Pierre Masseret s'est dit certain que « l'avion volera». Sans lever le voile sur les tractations en coulisse, le président de la Région lorraine s'est dit « déçu» du comportement des grands groupes aéronautiques français : « Les Dassault, Safran, EADS, Eurocopter vivent de la commande publique et n'ont pas voulu donner le moindre coup de main», a affirmé Jean-Pierre Masseret. Il a laissé entendre qu'il y aurait « des surprises » au terme de la période d'observation de six mois, insinuant que le projet pourrait être récupéré par un groupe une fois Sky Aicraft liquidée.
Un avionneur étranger ?
Autour du dossier, on évoque déjà un avionneur étranger, près à reprendre le projet pour s'imposer sur un marché de niche. Invoquant un « hasard » dans les calendriers, Jean-Pierre Masseret a précisé qu'il allait demander à la société Geci International le paiement d'une avance remboursable de 9 M€ effectuée par la Région Lorraine. Daprès le président la Région Lorraine, le calendrier de remboursement débute en septembre 2012, par un montant de 1,6 M€. « Tout cela a été signé au départ, si je n'applique pas le calendrier, on va m'accuser de complaisances », a affirmé Jean-Pierre Masseret. Interrogé sur la personnalité de l'énimagtique patron de Geci International et de Sky Aircraft, Serge Bitboul, Jean-Pierre Masseret a rappelé qu'il soutenait « des projets, pas des hommes. La responsabilité de Bitboul, c'est de porter le projet à son terme ».
Payer les salaires de septembre
Défendant son travail sur ce dossier, Jean-Pierre Masseret a affirmé avoir insisté pour que les 1,8 M€ de crédit d'impôt recherche dus à la société mère Geci International soient payés le plus rapidement possible, espérant les voir transférer dans la trésorerie de Sky Aircraft afin notamment de pouvoir payer les salaires de septembre. Si le paiement a bien été effectué par Oséo, il semble que le patron de Geci International n'ait pas choisi de transférer ses fonds vers Sky Aircraft, préférant une autre solution pour régler les 700.000 € des salaires de septembre. Le projet Skylander constituait aussi la première brique d'un vaste projet d'aménagement de « l'espace central », la zone entre Nancy et Metz aujourd'hui délaissée. Le président de la Région a insisté : « Cela ne remet rien en cause ». Concernant les aménagements économiques qui devaient tirer profit de la présence de Sky Aircraft à Chambley, Jean-Pierre Masseret a assuré qu'il y avait « 10 ou 12 entreprises prêtes à s'installer » sur cette zone pourtant très reculée.
Le Tribunal de commerce de Briey a décidé aujourd’hui de placer la société Sky Aircraft, qui porte le projet de l'avion Skylander, en redressement judiciaire, avec une période d'observation de six mois.