La charpente biscornue témoigne de la première vie du bâtiment qui abrite Atelier Systemes de Protection (ASP), à Eulmont : « C’était une grange, et on peut dire qu’il y avait du potentiel puisque tous les 4 ou 5 ans, nous avons fait évoluer le bâtiment », détaille Philippe Petit, le président d’ASP. « Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un nouveau pallier, il faut agrandir. » Sur 1.200m², les équipes d’ASP conçoivent, fabriquent et vendent des housses de protection pour les robots industriels : graisse, eau, minéraux, l’enjeu est de préserver l’investissement des clients, ces robots placés au cœur de processus industriels.
Calibrer au plus juste
« Nous connaissons une croissance régulière depuis 2008 », détaille Philippe Petit, qui analyse très finement le projet d’extension afin de le calibrer au plus juste. « Évidemment, il ne s’agit pas de nous mettre en danger. Le nouveau bâtiment fera entre 800 et 1.000 m² et nous allons aussi moderniser l’outil de production. » Au final, ASP prévoit d’injecter 1,5M€ dans ce projet. Premier coup de pioche ? « On pensait y aller en 2016, tablons plutôt sur 2017 », sourit Philippe Petit, qui préfère se montrer prudent. L’ancien directeur commercial d’ASP sait pourtant que son entreprise bénéficie d’une réputation sans faille dans toute l’Europe, acquise grâce à une attention toute particulière placée dans la qualité des produits. Toutes les housses qui sortent de chez ASP sont contrôlées une à une pour s’assurer qu’elles sont parfaitement conformes à la commande.
Placés au cœur de la stratégie de l’entreprise, 20 % des 40 salariés d’ASP se consacrent à de la R & D : « Quand je dis R & D, j’inclus le bureau d’études puisque tous les jours, ils trouvent des solutions qui n’existaient pas pour répondre à nos clients », souligne Philippe Petit. Dessinées sur ordinateur à partir des références du robot et des cotes relevées par le technico-commercial, les housses sont, au final, presque toutes des pièces uniques.
Consolider l’Europe
« Les fabricants de robots ont tendance à multiplier les références à partir d’un même mécanisme », détaille Philippe Petit. Réalisant 50 % de son chiffre à l’export, ASP veut pour autant continuer à consolider ses bases en Europe : « Nous n’avons pas exploité le marché allemand à fond », estime le président, qui rappelle que l’industrie allemande utilise 5 robots pour 1 en France. « Nous regardons ce qui se passe en Asie. D’ailleurs, nous sommes sollicités par des clients asiatiques. Nos produits sont là-bas, par le biais des grands groupes français ou allemands. Mais je préfère rester prudent », tempère Philippe Petit. Réalisant entre 20 et 25 % de son chiffre avec le groupe PSA, ASP travaille essentiellement pour l’automobile, et « les constructeurs travaillent bien en ce moment », affirme Philippe Petit, « quoi qu’on en dise ».
Système de chiffrage
Afin de coller aux exigences de l’époque, Philippe Petit a demandé à ses équipes de « réécrire le système interne de chiffrage ». Avec un premier objectif : faciliter le travail des commerciaux et aller plus vite de la commande à la fabrication. Mais Philippe Petit pense déjà un coup plus loin et envisage de porter « une partie de ce logiciel » sur internet. Concrètement, en se connectant sur le site de l’entreprise et en donnant les références de son robot, un client pourrait passer commande d’une housse de protection : « C’est une échéance lointaine, car pour l’instant, il n’est pas possible de se passer du conseil », affirme Philippe Petit.
ASP (Eulmont - 54) : CA : 4,3 M€ ; Effectif : 40 ; Contact : www.asp-protection.com.