Dominique Le Foll,
Senior architect groupe open source chez Intel
Pourquoi l'Open Source est-il intéressant pour les entreprises
? Pour une petite société, c'est aujourd'hui la seule manière d'être crédible. Une PME de dix personnes qui développe un logiciel va avoir du mal à trouver des clients : ces derniers auront toujours peur qu'elle fasse faillite et ne puisse plus assurer les mises à jour et la continuité des développements. Alors que l'open source et sa communauté de développeurs garantissent la pérennité et le suivi d'un logiciel. C'est aussi une solution pour réduire les coûts. C'est bien pour cela que, concernant l'informatique embarquée, les fabricants de voitures, confrontés à une baisse de leurs marges, se sont mis d'accord pour former le consortium Genevi. Celui-ci partage des choses en open source. 300 personnes qui planchent pendant 36 mois sur un logiciel dans un véhicule, ce n'est plus possible.
Quelle est finalement la différence entre logiciel libre et open source?
Il s'agit à chaque fois de rendre accesibles gratuitement les licences de logiciels.
Dans un cas, on a une appellation qui renvoie à une dimension politique et philosophique tandis que l'open source est orienté vers l'économie et les entreprises. Il peut cependant y avoir des contraintes, qui ne sont pas d'usage mais qui sont plutôt liées au respect de la structure originelle du logiciel. On peut réaliser une interface en breton du navigateur Firefox, alors considérée comme une extension du logiciel mais ses concepteurs doivent la fournir avec les mêmes contraintes techniques que l'original. Si on n'a pas accès au code source, on n'est d'ailleurs pas dans le domaine du logiciel libre.
Peut-on travailler dans le logiciel libre et être rémunéré?
Cette situation doit bien concerner 1.000 personnes en France. Je suis basé au Bono. Nous sommes trois à Vannes à faire cela et tout ce que l'on produit autour des logiciels est gratuit. Mais nous faisons de l'argent car on fait appel à nous pour décrypter l'open source, qui est très complexe à appréhender dans sa globalité. C'est un business de services qui a remplacé un business de contenus.
- TROIS QUESTIONS