Lohr Industries échappe au redressement judiciaire grâce à la cession de son activité tram sur pneus Translohr à Alstom, accompagné dans ce dossier par le Fonds stratégique d'investissement (FSI). Le tribunal de commerce de Strasbourg a homologué le protocole d'accord et validé la vente, le 27juin. Son montant final, 35M€, laisse un goût amer au dirigeant fondateur du fabricant de systèmes de transport d'Hangenbieten, Robert Lohr qui en espérait bien au-delà de 60M€ lors de sa mise en vente, en décembre 2011. Mais le groupe, en cessation de paiement depuis le 4juin, a dû revoir ses ambitions à la baisse et se plier à l'offre du seul acheteur encore en lice. Son président le reconnaît: il n'avait anticipé ni l'ampleur ni la durée de la crise qui a touché de plein fouet le marché de l'automobile. Son chiffre d'affaires a chuté de 300M€ avant la crise à 120M€ en 2011 et l'usine tourne depuis trois ans au ralenti, enchaînant les périodes de chômage partiel. Le groupe comptait beaucoup sur sa diversification dans les wagons ferroviaires (Modalohr) et surtout les trams sur pneus pour remonter la pente. Lohr se sépare aujourd'hui de sa pépite, Translohr, «ce qui est loin d'éclaircir l'avenir de l'entreprise, alors que les commandes Modalohr peinent à se concrétiser», souligne Nasri Bouazza, délégué CFDT. La transaction permet à court terme de payer les salaires de mai et juin des 941 salariés. Mais elle est loin de remettre à flot un groupe dont l'endettement dépasse les 90M€. Certes, les banques ont accepté de renoncer à certaines de leurs dettes, et de gros clients comme la RATP, à des pénalités de retard sur la livraison de commandes. Mais Lohr ne pourra pas faire l'économie d'un plan social. «Quelque 200 emplois sont menacés», indique Nasri Bouazza. Côté Translohr, 198 personnes passent dans le giron d'Alstom. «Une situation stressante», estime le délégué syndical, même si l'industriel s'est engagé à maintenir l'emploi, la production et la sous-traitance en Alsace, «au moins pour les 18 prochains mois».
Systèmes de transports Si l'accord conclu évite à Lohr le redressement judiciaire, le groupe ne fera pas l'économie d'un plan social qui concernerait 200 emplois.