Logistique : Comment progresser sans casser sa tirelire

Logistique : Comment progresser sans casser sa tirelire

Avoir une bonne logistique est devenu un élément crucial de conquête des marchés. Mais est-il possible de viser l'excellence en la matière sans investir massivement? À l'heure de la crise, des solutions simples et économes permettent de tirer votre épingle du jeu. Dossier réalisé par Sébastien Payonne

L'idée ne va pas flatter l'orgueil de vos forces de ventes, de vos ingénieurs et de vos services marketing: dans la période économique troublée que nous vivons, ce ne sont pas forcément eux qui seraient destinés à être les grands acteurs de la relance de votre entreprise... Cette relance, elle se nicherait plutôt du côté de votre entrepôt et de votre logistique. Car si la qualité logistique a toujours été intégrée à tous les référentiels de choix d'un fournisseur et qu'elle est, selon toutes les études consacrées au sujet, le second critère qui guide les décisions en la matière, son influence semble grandir de jour en jour. «Aujourd'hui, les entreprises qui gagnent des parts de marché ne le font pas parce qu'elles ont les meilleurs produits, les meilleurs critères technologiques ou le prix de plus bas. Le nerf de la guerre, ce n'est plus tout cela, mais la notion de service: et aujourd'hui, le premier service qu'une entreprise doit à son client, c'est d'assurer la disponibilité d'un produit en temps et en heure», expose Didier Aivazoff, cogérant de Dialogis, un cabinet de conseil en logistique qui oeuvre, entre autres, pour Faurecia, Givenchy, Dim ou Clarins. Pour le consultant, la conséquence de ce manquement de qualité de service est bien sûr évidente: si un client ne trouve pas le produit qu'il recherche dans un point de vente ou chez un fournisseur, il ira ailleurs. Une simple vue de l'esprit d'un consultant? Pas vraiment: elle est confirmée par un rapport publié en mars dernier par le Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques. «Durant ces dernières années, la mondialisation a rendu les clients de plus en plus exigeants sur la qualité des taux de service, de réactivité et de flexibilité. La crise économique qui frappe le marché depuis fin 2008 pousse aussi les entreprises à optimiser au maximum leurs coûts et à repenser leur organisation afin d'atteindre ces objectifs», souligne ce travail. Le problème, c'est que dans l'esprit de beaucoup de chefs d'entreprise, l'atteinte de meilleures performances logistique rime forcément avec des investissements conséquents: achats de nouvelles machines de manutention, installation de progiciels coûteux permettant de gérer les flux logistiques,etc. Et vu que les trésoreries des PME françaises sont actuellement frappées par la crise, ces investissements sont logiquement gelés. Avec le risque d'une perte de compétitivité.




Objectif: réorganisation

«Les investissements lourds en logistique, les PME n'ont en effet pas les épaules pour le faire. Mais ce n'est pas spécialement la solution! Il y a un gros gisement de progrès dans un simple travail de réorganisation. Et réorganiser, cela peut se faire sans investissement», rétorque Romain Lambert, enseignant-chercheur en logistique à l'École supérieur de logistique industrielle, basée à Redon (Ille-et-Vilaine). Pour les spécialistes, les entreprises françaises auraient en effet mal orienté leurs efforts depuis près de vingt ans, en investissant principalement leurs budgets logistiques sur les machines et les systèmes d'information, mais en oubliant de former les hommes à interagir avec ces outils qui, aussi performants qu'ils soient, voient leur utilisation souffrir de problèmes d'organisation pure. Bonne nouvelle cependant: pour recadrer le tir, des solutions simples et pratiques existent. Et elles sont à la portée de votre entreprise!