Better Things veut être le Yuka du made in France. Lancée sur Android, cette application permet de scanner un produit non alimentaire (textile, électroménager, bricolage…) pour identifier son pays d’origine et obtenir son score RSE.
Mesurer l’impact écologique et social
Ce « Better Score » mesure l’impact écologique (pollution, distance, gestion des déchets) et social (droits des travailleurs, travail des enfants, écarts de revenus) du pays d’origine du produit, sur la base de données publiques issues notamment de la Banque mondiale, de l’Unicef ou de la Confédération syndicale internationale.
"Ce score, on l’a voulu 100 % indépendant, basé uniquement sur des données publiques, et surtout équilibré entre impact écologique et justice sociale", explique Stéphane Devulder, fondateur de l’application. L’utilisateur peut même personnaliser la pondération entre critères sociaux et environnementaux, une première selon le porteur du projet.
Consomm-acteur
L’objectif affiché est d’élargir le cercle des consommateurs engagés, en rendant l’information plus accessible. "Il faut permettre aux consommateurs d’agir, pas juste de subir ce qu’on leur propose dans les rayons", martèle-t-il.
L’application permet en effet à ses utilisateurs de contacter directement les marques, de manière anonyme, pour leur demander plus de transparence ou suggérer des alternatives plus responsables. "Better Things, ce n’est pas une appli de notation de plus, c’est un outil d’action collective", ajoute-t-il.
Une application conçue et développée à Annecy
Derrière Better Things, on retrouve la société annécienne Little Big Bleu (2 salariés), créée en 2019 par Stéphane Devulder, également consultant en finance d’entreprise. La société développe des outils numériques à impact et porte Better Things comme un projet stratégique, avec l’objectif de renforcer la transparence et de favoriser une consommation plus responsable.
Soutenue à son origine par la French Tech Alpes Annecy et le Grand Annecy puis incubée par Skema Entrepreneurs, l’application a été développée avec plusieurs partenaires : l’agence lyonnaise Unimage pour le design, le cabinet haut-savoyard Venancio Avocats pour le juridique et l’agence Wacan (Sophia Antipolis) pour le développement web. Des étudiants de Skema Business School ont aussi contribué à toutes les étapes du projet, de l’idéation au bêtatest.
Monétiser des données anonymisées
Avec 20 000 produits référencés au lancement, Better Things espère élargir sa base de données grâce à ses utilisateurs et, à terme, aux bases-produits de marques et distributeurs partenaires. Une version iOS est prévue dans les prochains mois. L’ambition est d’atteindre près de 500 000 utilisateurs actifs en un an.
Le modèle économique repose sur la mise à disposition de données anonymisées à des marques engagées dans des démarches RSE. "Les marques responsables sont souvent invisibles, car étouffées par des acteurs mieux armés financièrement. C’est une mécanique injuste", estime Stéphane Devulder.