«L'intérim veut mettre la main sur le portage»
# Conjoncture

«L'intérim veut mettre la main sur le portage»

Bruno Dorothé
Gérant d'I.F.C.P., spécialiste du portage salarial


Un forum sur les nouvelles formes d'emploi vient d'être organisé dans le pays de Muzillac. Pourquoi? Pour certaines missions, les entreprises d'un à dix salariés n'ont pas les moyens de recruter du personnel à temps complet et en CDI. Dans le secteur tertiaire, les services à domicile sont en pleine expansion. Peu de salariés y travaillent à temps complet. Le recrutement des entreprises de commerce, d'hôtellerie et restauration, qui représentent 16% des établissements employeurs, fluctue lui aussi avec l'intensité de la saison. Notre objectif est de sensibiliser les employeurs au temps partagé et au portage salarial. Sans forcément passer par la case auto-entrepreneur. Pour moi, le portage est bien plus intéressant. Dommage qu'on soit en train de le dévoyer complètement en ce moment.

Que voulez-vous dire?
Les agences d'intérim veulent actuellement mettre la main sur les cadres qui veulent rester indépendants par le biais du portage. Elles ont fait un important travail de lobbying auprès du Medef. Comme le marché des cadres leur a totalement échappé, les acteurs de l'intérim se lancent dans de la croissance externe. Aujourd'hui, il existe des non-cadres qui font du portage. Demain ce sera pourtant interdit.
Qui sont ces non-cadres qui ne veulent pas passer par le salariat?

Par exemple des personnes retraitées qui ne veulent pas être auto-entrepreneurs et cotiser aux taux maximums des caisses de cadre. Une personne en portage négocie son taux de gestion puis récupère le reste du montant de la facture. Dans le portage, le fichier client appartient au salarié porté. Où sera son indépendance demain lorsqu'il appartiendra aux sociétés d'intérim? On veut même actuellement introduire une convention collective dans le portage salarial, une aberration.

TROIS QUESTIONS À
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