Le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (Gican) tenait son assemblée générale annuelle à Paris mercredi 8 juillet. L’occasion de présenter le "Cahier économique de l’industrie navale 2025", qui dresse un état des lieux détaillé de la filière. Un secteur d’activité en forte croissance, porté par le dynamisme des marchés civils et de la défense, en France et à l’international avec 38 milliards d’euros de commandes engrangées l’an passé.
4e créateur net d’emplois dans l’industrie française
L’industrie navale française a réalisé plus de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 (à 70 % dans la défense et 30 % dans le civil) en hausse de 9 % en un an, sur une trajectoire de croissance engagée depuis plusieurs années.
La filière est aujourd’hui le quatrième créateur net d’emplois dans l’industrie nationale avec un total de 59 100 emplois directs, soit près de 15 000 postes créés en dix ans. Une dynamique qui devrait se renforcer selon les prévisions du Gican qui table sur près de 9 600 recrutements supplémentaires à horizon 2030.
Diversité industrielle
L’activité 2025 de la construction navale enregistre également une hausse significative à l’export (+ 9 %) au profit d’un tissu entrepreneurial constitué à 57 % de PME et 18 % de TPE. Une vitalité encouragée par la diversité d’une industrie navale française qui s’illustre "à la fois dans le naval de défense, la construction civile, la réparation, la maintenance, les équipements, les systèmes embarqués" souligne Pierre Eric Pommellet, président du Gican. Egalement PDG de Naval Group, ce dernier pointe aussi "les nouveaux champs technologiques comme la révolution des drones qui s’appuie sur la robotique et l’intelligence artificielle".
Ancrage territorial
Une industrie portée par les grands programmes navals nationaux (sous-marin nucléaire lanceur d’engins 3G, porte-avions France Libre, frégates de défense et d’intervention) "qui dépassent le seul enjeu de défense et constituent des accélérateurs industriels [irriguant] plusieurs centaines de PME et d’ETI sur l’ensemble du territoire" constate Pierre Eric Pommellet.
En outre les commandes de navires de croisières auprès des Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) alimentent le dynamisme de toute une chaîne de valeur régionale et nationale avec 92 % de sous-traitants européens, 62 % de Français et 32 % originaires de la région des Pays de la Loire.
À la clef une ambition affirmée de réindustrialiser par la mer "car il faut le rappeler, l’industrie navale ne s’arrête pas au littoral". "Derrière chaque navire, il y a des entreprises partout en France […] implantées dans les terres, sans lesquelles aucun navire ne prendrait la mer. C’est pourquoi la mer peut réindustrialiser la terre" s’enthousiasme le président du Gican. Pierre Eric Pommellet appelle toutefois de ses vœux "une politique industrielle pour transformer cette visibilité en capacité durable de production".