Ligne grande vitesse : «Optimiser la desserte»
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Ligne grande vitesse : «Optimiser la desserte»

Jean-Philippe Dupont
Directeur régional Bretagne SNCF


Quel est le calendrier du déploiement de la ligne à grande vitesse en Bretagne ?

Eiffage doit terminer les travaux fin 2016 pour une mise en service de la ligne à grande vitesse en 2017. Un projet de 3,4 milliards d'euros financés par Réseau Ferré de France, abondé par la Région à hauteur d'un milliard d'euros. D'ici là, nous voulons collecter les besoins des voyageurs et des entreprises pour optimiser la desserte de la Bretagne. Un club d'entreprises va se mettre en place avec les CCI territoriales. En 2013, un grand débat public sur les hypothèses de l'infrastructure sera lancé. Le projet LGV est l'occasion de réfléchir ensemble, de faire s'exprimer les souhaits des entreprises. Ne laissons pas les technocrates décider uniquement avec les comités de défense des usagers.


Quels sont les problématiques à intégrer?

Le projet concerne uniquement le transport de voyageurs, mais il faudra également se poser la question du fret de marchandises. Une fois libérée, la ligne classique pourrait avoir cette utilité. Pas un seul réseau ferré au monde ne s'occupe bien des deux. Sauf en Suisse, où il est interdit aux camions de circuler. La liaison vers Notre-Dame-des-Landes doit également être étudiée. Une grande gare doit y être construite pour desservir, a priori, Rennes, Quimper et Nantes. Les complémentarités sont à trouver entre les trains et les avions. Je pense que le train gagnera des parts de marché sur ceux qui prennent la voiture. Dès lors que l'on dépasse les deux heures de transport, l'avion restera majoritaire.


Comment faire pour éviter l'envol du prix du billet ?

En Bretagne, nous sommes dans un défi de croissance. Avec une progression de 2% par an, et même 4% dans le Morbihan. La gare de Vannes connaît d'ailleurs une forte croissance, de plus d'1,5% par habitant et par an. Aujourd'hui, neuf millions de voyageurs transitent par la Bretagne. Nous en attendons deux millions de plus en 2017. Ce que nous devons éviter, c'est l'augmentation du prix des péages, ces coûts fixes dûs au Réseau Ferré de France, propriétaire des voies. RFF pourrait demander une augmentation pour assurer la nouvelle maintenance. Aujourd'hui, cela compte pour 35% du prix du billet. Restent également 15% de nos coûts inhérents à l'énergie. Nous ne pouvons pas trop augmenter nos tarifs, au risque de perdre en attractivité.

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