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L’expert des composants électroniques japonais Murata investit 60 millions d’euros sur son usine de Caen
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L’expert des composants électroniques japonais Murata investit 60 millions d’euros sur son usine de Caen

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Spécialisé dans les composants électroniques miniaturisés, le groupe japonais Murata va investir 60 millions d’euros dans son usine de Caen. L’investissement servira à rénover et agrandir le site caennais mais aussi pour créer une nouvelle ligne de production.

Samuel Cazin, directeur marketing de Murata : "l’usine caennaise est la seule à utiliser des galettes en silicium pour intégrer les composants électroniques, un matériau très résistant." — Photo : Isabelle Evrard

Rachetée en 2016 par le groupe Japonais Murata, la start-up IPDia est aujourd’hui devenue une entreprise de 250 salariés, installée rue de la Girafe à Caen. C’est le seul site français du groupe japonais, spécialisé dans les composants électroniques miniaturisés (composants passifs intégrés), qui compte plus de 75 000 employés dans le monde et trois autres sites en Europe (Finlande, Italie, Royaume-Uni).

Pour surfer sur la croissance des marchés de la téléphonie mobile, Murata, qui enregistre un chiffre d’affaires monde de 14 milliards d’euros, va investir 60 millions d’euros pour accroître la productivité de son usine normande.

Une nouvelle ligne de production en octobre

L’investissement du groupe japonais sera consacré, d’une part, à la rénovation des bâtiments existants (notamment énergétique), mais aussi à l’agrandissement des salles blanches qui passent de 3 000 m2 à 4 500 m2 de surface.

L’usine normande a une spécialité, unique dans le groupe : si les autres usines du groupe utilisent la céramique pour intégrer leurs composants électroniques, l’usine caennaise utilise des galettes en silicium, un matériau très résistant et pouvant supporter des températures allant jusqu’à 250 degrés et descendant jusqu’à moins 140 degrés.

"150 000 composants électroniques sont contenus une galette de 6 pouces (152 mm), précise Samuel Cazin, directeur marketing et communication du site caennais. Nous allons inaugurer une nouvelle unité de production de plaquettes de 8 pouces (203 mm de diamètre) en octobre prochain, l’une des premières du genre dans le monde pour ce type de composants électroniques."

Augmenter la capacité de production de 50 %

"Cette nouvelle ligne de production va nous permettre d’augmenter notre capacité de production de 50 % et en passant de 6 à 8 pouces, nous allons gagner de la surface : chaque galette de 8 pouces pourra contenir 220 000 composants, ajoute-t-il. Avec la ligne de 8 pouces, nous allons pouvoir toucher des marchés de masse, c’est-à-dire des clients en capacité de nous commander des très grosses quantités de pièces".

Doubler le chiffre d’affaires d’ici deux ans

Grâce à ces investissements, le site de Caen qui affiche un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2023 (contre 20 millions il y a deux ans), espère atteindre 80 à 100 millions d’euros et recruter une cinquantaine de personnes supplémentaires d’ici 2025.

Des composants pour pacemakers et iPhone

Si l’entreprise a commencé par intéresser les marchés du secteur médical (un pacemaker sur deux dans le monde intègre au moins un composant venant de l’usine de Caen, NDLR) et des télécoms, elle s’est progressivement élargie aux marchés du téléphone mobile, des data-centers, du spatial, des télécommunications et plus récemment de l’automobile. "34 % du chiffre d’affaires de Murata Caen relèvent de la téléphonie mobile, 30 % pour les télécoms, 23 % pour le médical et 13 % pour les autres. Aujourd’hui, tous les iPhone du monde, à partir de l’iPhone 13, ont des composants Murata. Apple est un de nos plus gros clients", précise Samuel Cazin. L’usine de Caen a déjà déposé 90 brevets pour ses technologies de condensateurs sur silicium et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

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