L’ex vice-présidente du Grand Est Lilla Merabet dans le viseur de la justice pour ses liens avec Huawei
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L’ex vice-présidente du Grand Est Lilla Merabet dans le viseur de la justice pour ses liens avec Huawei

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Selon une information de l’hebdomadaire Challenges parue en ligne le 23 octobre et reprise dans son enquête publiée ce 31 octobre consacrée aux influences de Huawei en France, l’ex conseillère régionale d'Alsace puis du Grand Est Lilla Merabet (MoDem) serait sous le feu de la justice pour ses liens avec le géant chinois.

Jean Rottner et Lilla Merabet, respectivement ancien président et ancienne vice-présidente de la Région Grand Est — Photo : © Jean-Luc Stadler

Le géant chinois des télécoms construit actuellement au nord de Strasbourg sa première usine de composants pour la 4G et 5G hors de Chine, il y injecte 200 millions d’euros et envisage de créer 500 emplois. Le site devrait être opérationnel fin 2025. C’est dans ce dossier-là que Lilla Merabet (MoDem) serait sous le feu de la justice pour ses liens avec Huawei (89 milliards d’euros de chiffre d’affaires).

L’information a été confirmée hier par le parquet national financier, qui a confirmé avoir ouvert en octobre 2023 à l’encontre de Lilla Merabet une enquête pour "des faits de probités".

Selon nos confrères de Challenges, l’affaire remonterait au printemps 2023 à la suite d’un signalement de Tracfin. La cellule de renseignement de Bercy a trouvé la trace de flux financiers de Huawei vers la société de conseil Oxymore Resolution, créée par Lilla Merabet alors qu’elle était en poste à la Région, écrit l’hebdomadaire.

La DGSI aurait tenté à plusieurs reprises de mettre en garde l’élue

En 2020, alors que Huawei cherche un site, la région manifeste son intérêt. "Nous menons des discussions continues avec Huawei, ce dossier est prioritaire, l’objectif est de parvenir à un accord d’ici à l’été", confie l’élue à l’époque, alors qu’elle est en charge de la compétitivité, de l’innovation et du numérique dans le Grand Est sous le mandat de Jean Rottner, rapporte encore l’hebdomadaire. L’élue vante la relation avec le géant des télécoms. Le conseil régional votera d’ailleurs une subvention de 800 000 euros en faveur du projet chinois, qui ne sera finalement pas versée.

Selon Challenges, la DGSI aurait tenté à plusieurs reprises de mettre en garde Lilla Merabet sur ses liens avec Huawei. Mise en cause dans un conflit d’intérêts alors qu’elle présidait SEMIA, Lilla Merabet avait été invitée à quitter la présidence de l’incubateur strasbourgeois en 2018. En 2019, l’élue avait par ailleurs été condamnée à 6 000 euros d’amende pour avoir omis une participation dans une holding financière à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique. Lilla Merabet est aujourd’hui déléguée générale de la Fondation Force dédiée à l’innovation et à la recherche en santé en Alsace.

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