Selon les données tirées des fiches d’établissements de Google, il y a 255 millions de commerçants à travers le monde qui tentent de conjuguer présence en ligne et vente physique. "C’est ça notre zone de chasse", fixe Stéphane Wagner, cofondateur en 2018 de la start-up All In Box, avec Vincent Arnould. Basée à Woippy, en périphérie de Metz, la jeune pousse développe une solution de marketing automatisé dopée à l’intelligence artificielle, grâce à une équipe de huit personnes.
Trois outils d’intelligence artificielle
Concrètement, la solution d’All In Box est "capable de décliner toute une stratégie de communication, de recrutement client et de communication, afin de faire venir des gens dans un magasin", décrit Stéphane Wagner. Impliquant trois outils propulsés à l’intelligence artificielle, la solution va commencer par analyser le commerce et son environnement concurrentiel, avant de mettre en place une stratégie, impliquant par exemple les réseaux sociaux mais aussi des campagnes par SMS ou des e-mailings, campagnes alimentées automatiquement grâce à des contenus générés par IA. "Notre ambition est de sauver le commerce de proximité", résume Stéphane Wagner, qui est par ailleurs le dirigeant de l’agence de marketing Propuls Connect.
Un millier de clients en trois ans
Les premières ventes, réalisées auprès de 120 centres commerciaux, ont permis d’éprouver la solution et dégager un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros sur le dernier exercice, un niveau d’activité qui a doublé tous les ans depuis le lancement de la start-up. Fondée avec 2 000 € de capital, All In Box s’apprête à changer de dimension : "Dans les trois prochaines années, nous voulons convaincre un millier de commerçants d’utiliser au quotidien la solution All In Box", fixe Stéphane Wagner. Un nombre de clients qui devrait permettre d’atteindre 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, grâce aux revenus tirés des abonnements à la plateforme en ligne donnant accès aux services d’All In Box.
Des fonds pour financer 36 mois de développement
Premier atout pour atteindre cet objectif, une levée de fonds, dont le closing doit être signé autour du 30 juin. "Nous allons lever des fonds en local, auprès d’Alsace Business Angels de Yeast et du groupe ILP, mais aussi de Bpifrance et des banques", précise le cofondateur d’All In Box, tout en souhaitant rester discret sur le montant levé. Rassemblés pour permettre à la start-up de financer ses développements sur 36 mois, les fonds levés se répartissent en trois poches : de la dette, de l’augmentation de capital et du réinvestissement des fondateurs, Stéphane Wagner et Vincent Arnould, qui resteront majoritaires à l’issue de l’opération. "Nous avons remis au pot parce que nous y croyons", insiste Stéphane Wagner. Avant de viser le monde, le dirigeant veut commencer par cibler un marché qu’il connaît déjà, celui des centres commerciaux : "Nous allons nous attaquer à l’Espagne, au Portugal, à l’Italie, sur le territoire des centres commerciaux, parce que c’est un sujet qui est déjà mature chez nous et que nous le maîtrisons sur les territoires français, belge et luxembourgeois", précise Stéphane Wagner.
Un nouveau directeur des opérations
Ensuite, le changement de dimension implique des recrutements : "Dans un an, nous serons 25", anticipe Stéphane Wagner, qui assure ne pas avoir eu de difficultés à recruter des profils très pointus, comme des ingénieurs en intelligence artificielle ou en développement web. Parmi les recrutements qui doivent permettre à la jeune pousse de décoller rapidement figure celui d’un nouveau directeur des opérations. Également associé au capital d’All In Box, Barthélemy Jeanroch était, avant d’arriver chez All In Box, directeur commerce France pour la société Codic, qui exploite le centre commercial B’Est, à Farébersviller en Moselle. Et c’est à ce titre que le nouveau directeur des opérations était aussi client d’All In Box. "Les perspectives de croissance sont enthousiasmantes, et je suis déterminé à contribuer à l’ambition d’All In Box de devenir un acteur européen incontournable du marketing digitalisé et intelligent", déclare Barthélemy Jeanroch.